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l’église de St Vincent de Solignac.

Petite compilation des registres paroissiaux


Statue de Saint-Vincent

18 novembre 1724, Testament d’André Jouve par lequel il élit sa sépulture dans l'église de Solignac, au tombeau de ses prédécesseurs. Il ordonne des distributions aux pauvres de Solignac, fonde une messe quotidienne de requiem dans l'église dudit lieu; lègue aux prêtres de Cayres, du Brignon, Landres, Saint-Christophe, Cussac et Chadron, 6 livres chacun; à la cathédrale du Puy, 25 livres; aux Capucins, 30 livres; aux Jacobins, Carmes et Cordeliers, 15 livres chacun; aux Pénitents Blancs de Solignac, 12 livres, pour réparations à leur chapelle; aux prêtres de Solignac, 60 livres; aux marguilliers de l'église de Solignac: la sainte image du glorieux Saint-Vincent en bois, que j'ay cy devant donnée à ladite église. et 10 livres. A Thérèse Jouve de Praneuf, sa fille, femme de noble Louis de Montbrac, conseiller honoraire de la sénéchaussée du Puy, 200 livres, pour achat d'un habit de deuil. A Catherine Jouve de Praneuf, sa fille religieuse, une pension viagère de 30 livres. A Marie-Anne Bellut, femme de noble de Veyrac de la Valette, et fille d'André Bellut, seigneur de Triulenhac et de feu Marie Jouve, sa fille, 2000 livres. A Marie-Anne de Beget, sa petite-fille, femme de noble Jean-Joseph de Beaun, écuyer, et fille de Marguerite Jouve et de noble Armand de Beget, 500 livres. A Marcellin de Beget et à Flachet, ses petits-fils, 500 livres. A André Vidal, du Villare, son neveu, fils de feue Claude Jouve et de Maurin Vidal, 200 livres. A chacun de ses domestiques, 10 livres. A son homme d'affaires 15 livres. A Charles Jouve de Ladevèze, prêtre, son neveu, ce qu'`il lui doit. Il institue héritière universelle Anne du Lac, sa femme, à charge de remettre son hérédité à Marcellin de Beget, son petit-fils, est en cas de décès, à Thérèse Jouve de Praneuf, sa fille, femme de Louis de Montbrac.

1789
Solignac avait un beau clocher garni de 6 cloches, la flèche fut abattue par les révolutionnaires, on ne laisse que 2 cloches, l'intérieur de l'église fut tout renversé, la sacristie pillée et expoliée, les images et statues brûlées ; En un mot c'était pire que les vandales.

Le 14 février 1820 on paya à un nommé Testud du Béage 300 fr pour la façon, fournitures et dorure du maître-autel de l'église, le Christ de procession de l'assemblée coûta 20 fr, Le 15 mars 1824, le marbrage du maître-autel, façon et fournitures fut payé à J.J Mirmand, menuisier de Concis - 62 fr.10.

le 10 avril 1823, le même jour, Pierre Mirmand fit les banquettes et la boiserie du chœur de l'église jusqu'à la porte de la sacristie et la place du célébrant, et fournitures, en tout on lui paya 194 fr.

1831
Le 8 Xbre, le portail de l'église a été reconstruit à neuf, en pierres de Denise selon le plan dressé par M. Félix Pradier, du Puy, architecte, et à la Saint Michel 29 du courant il a été terminé, la porte n'est pas encore placée à la Toussaint

En 1833, la fabrique de Solignac dressa une pétition qu'elle envoya au ministre des cultes pour demander des fonds pour réparer le clocher et le pavé de l'église.
Le gouvernement exigea un plan et devis estimatif pour constater le besoin de ces réparations et l'insuffisance des revenus de la fabrique et de la commune, et d'après le patronage de M. Bertrand Farge, député de la chambre, le plan et devis furent approuvés et accorda 2000 fr en deux annuités pour faire ces réparations, la somme à dépenser se montait à la somme de 1000 fr et plus, la paroisse promettait 800 fr de prestations en nature.
En mai 1834 la réparation du clocher, le plancher de la sacristie, le pavé de l'église et la construction de l'escalier du clocher furent données en adjudication à la préfecture à Antoine Marie au Puy, entrepreneur, à 15 fr 100 de rabais et on commença à transporter des pierres de Denise, près du Collet, paroisse de Polignac pour les tailler ici, toute la paroisse fit plus de 200 voyages, on porta la chaux du Puy, du sable de la Loire et de la pouzzolane de Bizac, de Chassilhac et de Solignac pour cette bâtisse qui commence par les quatre ogives anciennes bâties en pierre de tuf.
 Les transports furent évalues à 1450 fr et le reste fut payé par le gouvernement 2000 fr et le surplus par le département un peu chaque année.

En 1836, on reprit tout le clocher et on changea la sonnerie du coucher au levant.

Le 1er 7bre 1838, on commença à travailler au pavé de la nef de l'église, on fut rechercher des pierres à la carrière de Taulhac près le Puy où elles étaient transportées par Marie entrepreneur de la carrière de Lardeyrole et Exbrayat dit Chalou de Coubon les extrayait et vint les tailler et poser à Solignac et posa la dernière pierre.


Le 22 Xbre 1838, M. Le curé Bonneton fournit en paiement 1070 fr, savoir : 920 fr pour Exbrayat, et 150 fr pour Marie qui avaient transporté les pierres de Lardeyrol à la carrière. La nef de l'église à 40 toises de surface, Exbrayat, fourniture et pose des pierres, était payé à raison de 23 fr la toise, les habitants ne fournirent pas un sol. M. Le curé fit cette dépense, ils firent rechercher les pierres brutes à la carrière de Taulhac, on fit 148 voyages.
La commune de Solignac fut cadastrée en 1836 et 37 et en 1838 on paya les tailles sur le nouveau cadastre.

Le 10 juin 1839, Jacques Miciolo plâtrier envoya deux ouvriers pour crépir l'église entière et finirent le 7 août ; On employa 111 journées à 3 fr et nourris par M. Le curé ; 200 cartons de chaux, 40 cartons de plâtre le tout transporté du Puy par les paroissiens. 40 journées de manœuvre, 24 chars de sable de la Loire et 68 charges portées par les habitants.
On vernit toutes les boiseries de l'église, ainsi que les deux confessionnaux fait en mars et février de 1839 par Antoine Souveton, façon et fournitures M. Le curé paya 200 fr, la sacristie fut aussi crépie à neuf et les bois vernissés, la dépense totale du crépissage et vernissage de l'église, tout compté, coûta 500 fr.

En 7bre 1841, la tribune ou chapelle des pénitents a été refaite entièrement à neuf, et exhaussée de un mètre au-dessus de la grande porte de l'église, et a coûté en 1841, pour le plancher et le balustre, les degrés et tout le bois nécessaire pour achever les places et les dossiers qui restent à faire encore la somme dépensée payée ou non est de 390 fr20 ; Dans le courant de l'été le grand salon de la cure a été réparé, blanchi vernissé et peint à la fresque par Miciolo, M. Le curé a nourri le plâtrier et a payé pour cette dépense 80 fr, dans ce même temps les deux petits autels ont été répares et vernissés par le même, cela a coûté 50 fr.

1842
La tribune des pénitents se continue à réparer, on travaille à faire le plâtre depuis le commencement de février jusqu'à la mi-mars ; Le tout a coûté 600 fr environ, ce travail a été fait à la grande journée, les économies du trésorier avec les petits dons qui ont été faits ont fourni cette dépense.

1845
Dans le courant de l'été M. Le curé a fait réparer la chambre et le cabinet du coté du Chier, ainsi que la chambre et le cabinet et le pigeonnier attenant à la sacristie et a payé pour cela plus de 300 fr. La commune ni la fabrique ne lui ont rien donné pour cela, il a placé au jardin de la cure pour 18 fr d'arbres pommiers nains.

1863.La table de communion a été donnée par mademoiselle Euphémie Maurin ainsi que l’ornement noir le plus joli, la pose de la table, sa valeur et celle de la table peuvent s’évaluer à 550 francs. Le meuble de la sacristie a été fait cette année et revient à deux cents francs.

Dans l’année 1865, il n’y a rien eu d’extraordinaire, la fabrique a cependant fait réparer le toit de l’église qui était entièrement dégradé. La dépense de cette réparation s’est élevée à 500 francs, la somme a été fournie par la commune.

Le 20 octobre 1869 j’ai reçu une statue de St François d’Assise, sculptée par M. (Dostelle ?) du Puy, elle a coûté 70f.

Le 20 octobre 1869 deux marchepieds ont été placés à l’autel du Sacré Cœur de Jésus, et à l’autel de la très Sainte Vierge, ils ont coûté 100f les deux.

Le 12 décembre 1869 une niche pour la petite statue en pierre appartenant aux pénitents, a été placée à la tribune, et payée aux frais de la confrérie.
Le 22 décembre une main courante a été placée à la table de communion, elle a été payée 40f.

Deux vitraux ont été posés le 24 mars 1870, celui du Chœur représentant St Vincent, diacre et martyr premier patron de la paroisse, et St Barthélemy, apôtre a coûté 650f, celui de la tribune dans lequel sont représentes les emblèmes de l’Eucharistie et les instruments de la passion 334f, ces deux fenêtres avaient été diminuées de moitié par une indigne maçonnerie, elles ont été rendues à leur grandeur première.

Le 16 avril 1870 veille de Pâques, j’ai fait placer à la porte qui donne accès à la statue de la Sainte Vierge, un grillage artistement fait par M. Allègre, serrurier de Solignac, il coûte 185f.

Le 11 mars 1870 un escalier tournant donnant accès à la tribune, a été placé au fond de l’église, il a été fait pour remplacer des marches et une voûte faisant saillie dans l’église, à l’entrée de la chapelle latérale.
Cette voûte inférieure, qui était précédemment un ossuaire a été démoli, et l’église a été ainsi dégagée d’une masse informe qui choquait la vue.
Cet escalier complet a coûté :
Pour les marches et la démolition de l’escalier à deux pans   ?   258f.
Pour réparation et dégradations causées par la chute de l’escalier et de la voûte 47f.
Pour les ferrements, la rampe et la main courante du nouvel escalier 280f.

Le 4 août 1870 un béton a été fait dans la chapelle latérale, deux marches octogones ont été placées pour recevoir les fonts baptismaux, qui figurent très bien dans cette chapelle, qui recevra prochainement un vitrail de 3 mètres.

Le 24 juin 1871 un vitrail représentant le baptême de Notre Seigneur Jésus Christ a été placé dans la chapelle de fonts baptismaux. Et par une heureuse coïncidence, cette inauguration a eu lieu le jour de la fête de St Jean Baptiste, il y avait dans cette chapelle deux fenêtres carrées d’un mètre trente centimètres, superposées, elles ont fait place à une seule fenêtre de trois mètres de hauteur, sur un mètre vingt. Ce vitrail est du à Jean Reynard, d’Agizoux.
Le 28 octobre la crypte si heureusement placée sous la croix du cimetière a été fermée, un béton forme le pavé intérieur, et la reposeront les prêtres décédés à Solignac, sous la croix qui est le symbole et le gage de notre résurrection, et au milieu des chrétiens qui seront leurs auréoles dans le ciel, après les avoir sanctifiés sur la terre.
  Le cercueil de tous les prêtres qui auront place dans ce précieux caveau devra être en zinc, et enfermé dans un second cercueil.

Le 30 novembre 1871 un vitrail représentant Notre Seigneur Jésus Christ sous l’emblème du Sacré Cœur, a été place à la fenêtre prés de la chaire, un grillage a été placé le même jour au-dessus de la porte d’entée. Marie Couturier a donné pour ces deux œuvres 200 francs, elles ont coûté 235francs.

Par décision du conseil de fabrique, la construction d’une seconde sacristie a été résolue dans la séance du 1er dimanche de juillet 1872. L’exécution en a été confiée à Victor Souveton au prix de neuf cent francs, les travaux n’ont pu commencer qu’au 1er octobre, la construction des murailles et la voûte a été achevée le 24 à midi.
Nota : les 17,18,19 octobre les travaux ont été suspendus, des pluies torrentielles accompagnées de tonnerres effrayants ont pendant ces trois jours consternés et désolés nos campagnes, le débordement de la Loire a été tel que de mémoire d’homme en vie la vue acquérir de si grandes proportions, elle touchait au domaine de la Planche. Le ruisseau qui coule dans Solignac a tellement débordé que les communications ont été interceptées, il était impossible d’aborder la maison du docteur Arnaud, habitée par M. Bernard ancien juge de paix.

Le 18 janvier 1872 un très beau vitrail emblème de l’immaculée conception, a été placé prés de l’autel de Sacré Cœur, cette fenêtre a été ouverte dans le cours de la semaine, la réparation totale s’est élevé à 200 francs. Ce vitrail comme tous ceux de l’église sont des ateliers de M. (Mauvernory ?) de St Galmier (Loire) cette réparation s’est faite par un temps exceptionnellement doux.
Le 22 janvier, dix arbres ont été plantés entre le cimetière et l’église.
Le 26 mars les marches qui donnent accès à la sacristie ont été placées et ornées d’une élégante balustrade, l’œuvre du plâtrier pour l’intérieur a commencé le 21 avril.
Dans les derniers jours de ce mois le vitrail de la première sacristie a été placé.
Le 10 avril le magnifique portail du cimetière, œuvre de Pierre Allègre a été posé.

Le 27 juillet 1873 la foudre est tombée sur l’église, demi-heure après que les assistants à la première messe du dimanche eurent évacué le St temple. Nous pouvons considérer cette circonstance comme providentielle, car le danger eut été imminent pour bien des personnes un instant avant.
Après avoir brisé une des pierres rondes qui forment le couronnement du clocher, le fluide est descendu dans l’église en suivant la chaîne qui se rattache à l’une des cloches et prés de l’autel du Sacré Cœur. Il a brisé l’angle de la corniche de la boiserie du Chœur, l’église a été pendant une minute resplendissante de lumière et infectée d’une très forte odeur sue generis.
Nous avons fait le même jour ; au conseil municipal la proposition d’établir un paratonnerre au clocher, elle a été unanimement acceptée et nous avons fait aussitôt les démarches préalables pour cette importante précaution.
La commune et la fabrique assurent pour une part égale les dépenses de cette réparation, à moins que la demande d’un secours que nous avons adressé au ministre des cultes par l’entremise de M. le préfet ne nous en exonère.

L’église de Solignac sur Loire possède 4 cloches, la 1ere dont le poids n’est pas indiqué, mais qui doit être de 9 à 10 quintaux a été fondue en 1698, elle a pour inscription : a fulgure et temps tate libera nos maria. Le fondeur est Pierre Marchal, le lieu de sa  résidence n’est pas indiqué. Quatre gravures sont incrustées dans la circonférence.

La 1ere représente St Pierre tenant une clef de la main droite, et le livre des évangiles de la main gauche. La 2ème St Antoine dans le désert. La troisième une vierge, la 4ème un christ.

La 2ème cloche a été fondue en 1793, sous l’administration de M. Margerit, curé. Le baptême en a été fait le 17em jour du mois de juin 1764, il est ainsi relaté dans nos utiles recherches historiques, P35, messire Arnaud de Beget, doyen de l’église cathédrale du Puy a béni, dans l’église St Vincent de Solignac deux cloches, savoir la grande pesant environ trente quintaux et la petite pesant deux cents quarante cinq livres. Le parrain a été Jacques Antoine De Veyrac, seigneur de Maisonseule, Onzillon, Couteaux, Chateauneuf, Présaille et baron de Lardeyrolles, la marraine Anne Claudine Dugone Roche, seigneuresse d’Audi.
La petite cloche ; pesant 245 livres, a été rompue, on ne sait à quelle époque et le métal a contribué à la confection d’une nouvelle en 1864.

Il est déplorable que le vandalisme se soit exercé sur nos cloches en 1793, et que le ciseau et le marteau aient fait disparaître les inscriptions et les fleurs de lys qui en faisaient l’ornement.

Une 3ème cloche a été fondue en 1864, sous l’administration de M. Badiou Bauzac, maire, et de M. Maurin, curé, son poids est de 18 à 20 quintaux.
L’inscription suivante est gravée dans sa circonférence : fondue par la générosité des paroissiens et spécialement de Mme Victoire Bauzac, Jeanne Marie Gerbier, Badiou Bauzac née Fabre, Anne Marie Exbrayat et Antoinette Jarousse et de M. Maurin, curé, Fournier, vicaire, Jean Pierre Jarousse, Baptiste Perre, Jean Reynard, Casimir Reynard, Jean Pierre Mirmand, Augustin Alirol.
Plus bas : j’ai pour parrain Jean Jacques Badiou Bauzac maire, et pour marraine Mlle Antoinette Jarousse.
Le fondeur est : Guillet à Lyon.
Elle est enrichie des armoiries de Pie IX et de M. Lebreton, aux côtés opposés sont un Christ et une vierge immaculée.

La 4ème cloche enfin a été fondue comme la précédente en 1864. Elle est due à la libéralité de M. Maurin curé, elle pèse environ 14 quintaux. Elle a pour parrain M. Auguste Fournier et pour marraine Mme Elise Grivet, née Maurin.

M. Alexandre Maurin, curé, Fournier, vicaire, Badiou Bauzac, maire, Baptiste Arnaud, adjoint.

La paroisse de Solignac a deux patrons : St Vincent diacre et martyr, sa fête est le 22 janvier, et St Barthélemy, apôtre, dont la fête est le 22 août.

Les premiers approvisionnements pour le prolongement de l’église ont commencé le 20 février 1875, Victor Souveton entrepreneur a fait venir des carrières de Denis, prés le Puy, les pierres qui doivent sévir au revêtement de la façade et aux tourelles.
Elles ont été taillées sur place, et malgré la rigueur d’un hivers exceptionnel et prolongé, car aujourd’hui 22 mars, il fait un froid rigoureux, ce travail n’a pas été interrompu. La façade de l’église était uniforme, un porche était à l’entrée, s’avançait de trois mètres, s’appuyait au-dessus de la porte et reposait sur le devant, sur deux piles en maçonnerie. Le 20 mars il a été démoli une muraille qui formait une enceinte depuis l’angle de l’église, et servait de clôture à l’ancien cimetière est tombée le même jour, mais seulement jusqu’à la jonction d’une muraille provisoire qui a été établie pour protéger la partie de l’ancien cimetière qui n’est pas encore fouillé. 
La semaine Sainte nous a fait ajourner les travaux au lundi de Pâques 29 mars. Les fondations ont été creusées et la première pierre a été posée et consolidée le 6 avril d’une main robuste encore, nous avons frappé sur les deux pierres qui forment les deux côtés les plus avancés de l’entrée.

Les travaux du prolongement de l’église se sont continués sans interruption pendant tout l’été de 1875. L’automne nous rapprochait de l’époque fixée pour le jubilé universel, qui devait commencer à Solignac le dix octobre. Nous dûmes donc nous hâter d’achever, au moins les travaux intérieurs les plus indispensables.
Le conseil de fabrique, dans sa délibération du premier dimanche de juillet 1875, avait résolu, sur notre proposition, de remplacer le maître autel, par trop modeste, par un autel en marbre. Nous fûmes autorisés à traiter pour cette acquisition et nous nous adressâmes à M. Sacreste, marchand d’ornements d’église, résidant au Puy. Il fit exécuter cette belle œuvre à Périgueux et dans des conditions de prix les plus avantageuses, car ce bel autel et l’exposition qui l’accompagne, mais qui ne doit être placée sur le tabernacle, qu’aux grandes solennités, ne coûtent que onze cents francs.
Il fut également résolu que deux statues seraient placées dans les niches pratiquées au frontispice de l’église de la paroisse, St Vincent, patron principal, et St Barthélemy, patron secondaire. Ces deux monumentales statues, en gré céramique, ont été exécutées à Munich, en Bavière et figurent magnifiquement à la place qu’elles occupent, leur prix et de six cents francs et n’est assurément pas exagéré.
Les 7, 8, et 9 octobre furent employés à ériger l’autel, tout étant ainsi préparé, nous avons pu donner les exercices du jubilé, dont le succès a été merveilleux, à l’honneur de la paroisse, nous avons fait reproduire dans l’écho du Velay la notice annexée au présent registre.

Nos registres des délibérations du conseil de fabrique, mentionnent les acquisitions et réparations qui ont été faites en 1877, 1878, 1879. Nos dépenses pour le prolongement de l’église ont excédé nos prévisions et nous avons du suspendre et ajourner l’ouverture d’une 4eme fenêtre dans la nef, l’acquisition d’une chaire en marbre, le blanchissement de l’église, le plafond de la tribune, ce pour combler avant tout, notre déficit

L’ouverture d’une fenêtre dans la seconde travée de l’église a été pratiquée et terminée le 13 août 1881. Un vitrail représentant St Joseph y a été placé. C’est donc trois fenêtres qui ont été faites dans la nef depuis 1870, celle de l’immaculée conception, de St Joseph et de St François Régis.
Celle du sanctuaire et de la tribune ont été agrandies de moitié, celle des fonts baptismaux a remplacé deux petites ouvertures carrées, notre église était donc bien obscure avant ces importantes réparations.

Inauguration et bénédiction solennelles de la cloche des pénitents et d’un harmonium.
La confrérie des pénitents après de longues oppositions, suscitées par un de ses membres, a réalisé son vœu le plus cher celui de se donner une cloche uniquement affectée à la célébration de ses offices. Cette cloche sortie des ateliers de M. Farnier, fondeur, à Robecourt par V ? ?    département des Vosges, a été bénite le 19 août 1883, par nous curé de Solignac, par autorisation spéciale de Mgr Lebreton évêque du Puy.
Les ressources pour cette œuvre proviennent : 1er de la confrérie 208f, 2e de Jean Garnaud de Solignac, 3e d’Augustin Alirol 100f, 4e de M. Ranc de Chassilhac 50f, 5e de Benoît Boudoul 25f, en outre la congrégation des pénitents a contribué pour les frais d’érection, pour chacun des membres 50f.

Le 28 octobre 1883 une adjudication a été proposée aux ouvriers de la commune pour la confection du plafond de la tribune en présence du conseil de fabrique, réuni à la mairie, plusieurs ouvriers ont offert leurs soumissions écrites, celle de Théodore Souveton a été la plus avantageuse, il a soumissionné au prix de un franc 45 centimes le mètre carré pour le travail des planches et le placement de plafond conformément à la police passée entre Augustin Viannés, trésorier de la fabrique et l’entrepreneur qui se charge au prix de trente centimes le mètre carré, du blanchissage au blanc de Troie, en deux couches.
Ce travail a été commencé le 19 novembre et fini le 20 décembre 1883.

Le 13 avril 1884, le suisse a revêtu un nouveau costume, confectionné à Lyon, chez Monteilhet le jeune, les enfants de chœur ont eu, le même jour, des soutanes longues faites par la même maison. Tous ces objets ont coûté 253 francs.

L’année 1886 sera mémorable par la mission donnée par Mme Badiou Bauzac, née Fabre, d’Agizoux, elle a commencé le 2 mai 1886, la clôture a été rehaussée par l’érection d’un nouveau chemin de croix du à la générosité de M. Auguste Badiou fils de la donatrice de la mission actuellement au couvent des Lazaristes. Ce qui explique la présence du missionnaire Lazariste.
Ce jour là aussi a eu lieu la bénédiction d’un Christ monumental donné par M. le curé Badiou, ancien desservant de la Fare

Pendant le mois de juillet a eu lieu la restauration intérieure de l’église, dont le besoin se faisait sentir depuis longtemps, mais toujours ajourné faute de ressources.
Grâce enfin à un don de M. Urbain Reynard, la dépense revenant à 950f a pu être faite à la satisfaction de tout le monde, et notre église a pris un nouvel air de fête, sacristie restaurée également.
Ces travaux n’ont duré que trois semaines, grâce aux nombreux ouvriers qui y ont été employé par le maître Albert Rocher  président de la chambre syndicale des plâtriers du Puy. Le Christ a été placé définitivement à l’entrée du Chœur par les mêmes ouvriers.
En somme bon travail fait avec goût et d’une manière convenable par l’attitude des ouvriers dans le lieu Saint.
Après la restauration intérieure de l’église la toiture demandait aussi une réparation pour obvier aux mouvements des gouttières qui avaient dégradé la voûte : la toiture a été entièrement ressuivie, la petite toiture de l’escalier de la tribune a été refaite en zinc, seul moyen de faire disparaître l’infiltration qui s’y produisait à chaque nouvelle pluie.
Une petite chêneau a été mise sur la partie du toit de l’église donnant sur la chapelle des fonts baptismaux. Ce travail a été fait par Roux ferblantier du Puy, et par Jean Falcon de Solignac.

Le retable des deux autels latéraux ont été commandés à Eymard, sculpteur du Puy et originaire de Concis. Ils seront en marbre et les niches seront agrandies pour pouvoir recevoir les statues. C’est une dépense de sept à huit cents francs qui seront payes moitié par les soins du curé et moitié par les soins de M. Gerbier.

La niche du grand autel donné par M. l’Abbé Gerbier vicaire de Solignac, a été placée le 12 mai 1888, elle a été faite par M. Eymard, marbrier au Puy.

La statue de l’ange gardien, don anonyme, a été placée le    ?      novembre 1888, elle a été solennellement bénite, ainsi que celle de Ste Anne, don de trois pieuses mères congréganistes, le 28 juin 1889, fête de Sacré Cœur de Jésus.

1890, la chaire en marbre, actuellement à l’église, est un don de M. l’Abbé Badiou Bauzac, ancien curé de la Fare et décédé à Solignac sur Loire en juillet 1888. Commandée par M. Alphonse Badiou son neveu et son exécuteur testamentaire, elle a été faite par M. Eymard marbrier au Puy, au prix de 1300 francs, et posée les premiers jours de mars 1890.

Rapport sur les cloches de Solignac.
Visite de M. J et H Paccard du 25 avril 1935.
Vous possédez 4 cloches : savoir (on ne s’est pas occupé de la cloche des pénitents)
La 1ere cloche    diamètre       1,225m environ           1200kg       FA 1/2 bas
La 2e   cloche     diamètre       1,110m environ             800kg       FA 3/16 élevé 
La 3e   cloche     diamètre       1,015m environ             600kg       SOL 3/16 bas
La 4e   cloche     diamètre       0,840m environ             325kg       SOL # 1/16 élevé

Ces cloches sont dures à sonner, il conviendrait de les mettre sur coussinet à bille, au tout le moins les deux plus grosses.

La 1ere cloche bénite en 1764.
La 2e   cloche bénite en 1864.
La 3e   cloche bénite en 1864.
La 4e   cloche bénite en 1764.

Décembre 1936. Double vitrage aux 7 fenêtres, côté sud de la sacristie et de l’église.
Pas de verre armé cette fois mais simplement du verre martelé épais. Les mesures ayant été prises et le verre coupé par M. Reversat, vitrier au Puy. Les carreaux ont été posés suivant la méthode employée précédemment par M. Borie peintre verrier au Puy, par un ouvrier du pays, Toussain Pechayre, maçon menuisier à Solignac.
Montant des travaux :
Facture Reversat : fourniture du verre        320f.
Facture Pechayre : barres de fer, boulons     84f.
                               Ciment et pose          173f.
Frais divers                                                35f.
                               Total                        612f.

Réparation et pose, sur le maître autel de l’exposition.
Cette exposition avait été démolie et brisée (en même temps que le vitrail de la grande baie, qui représentait St Vincent), par les ouvriers travaillant à la restauration de l’église.
Une échelle renversée brisa le vitrail et jeta bas l’exposition de l’autel, le vitrail avait été remplacé en 1934 par M. Vigouroux, au lieu de l’image de St Vincent, c’est le Christ mourant sur le calvaire, œuvre de M. Borie peintre verrier au Puy. Mais les débris de l’exposition demeuraient toujours entassés dans un coin de la sacristie en haut. Bien que cette exposition coupa un peu la vue du vitrail, que n’a t’ont mis ce dessin plus haut ! On a cru bon pour donner à l’autel plus de majesté de la replacer sur l’autel. Les colonnes et les chapiteaux, intacts ont pu recevoir tout le reste, tout le reste a du être réparé ou refait à neuf. La pose a été faite la semaine avant Noël. Travail exécuté par M. Adrien Fabre, marbrier au Puy, il coûte 1900f.

Novembre 1937. Pour souligner la mission et comme souvenir nous avons fait exécuter les réparations suivantes :
Dorure du grand ostensoir. Réparation et dorure de 6 grands chandeliers et de la croix pour le maître autel, de 4 grands candélabres, des 2 lampes suspensions devant les autels de la Ste Vierge et du Sacré Cœur.
Changement (au lieu d’une chaîne, câble d’acier galvanisé) de la suspension de la lampe qui porte la veilleuse dans le chœur. Pose de 2 plaques de marbre sur le second gradin du maître autel, ces plaques plus larges étaient nécessaires pour pouvoir recevoir les candélabres réparés. Ces diverses réparations ont coûté 2650f.

Mars 1938. Complément d’installation électrique.
Les seules lampes en applique la long du mur qui étaient seules installés jusque là ne donnaient à l’église qu’une lumière restreinte. Aucune lampe même n’éclairait le chœur des chanteuses.
Notre rêve était depuis longtemps de faire descendre les fils du milieu de la nef, mais il fallait trouver des ouvriers capables de faire ce travail rapidement et à moindre frais. Tous ceux que nous avions sollicités déjà nous parlaient de la nécessité de construire un échafaudage. La nef à 11m de hauteur, ce qui réclamé une dépense considérable et beaucoup de temps.
Nous avons enfin trouvé un ouvrier qui a fait le travail en 3 jours au moyen de très longues échelles, M. Jacques Pays 7 rue de la Ronzade le Puy. Ont été ainsi installées les 3 lampes qui sont suspendues au milieu de l’église. La facture cependant, travail et fourniture, s’est élevé à une somme assez importante : 550f.

10 avril 1942. Peinture des portes de l’église et des boiseries du vestibule, travail nécessaire, les belles portes s’abîmaient vraiment. Travail exécuté par M. Jousse plâtrier peintre du Puy.

11 septembre 1942. La foudre sur l’église.
Vers 21 heures, orage terrible tonnerres effrayants. La foudre est tombée sur l’église.
Fils conducteurs du courant brûlés. Le compteur mis en miettes, les morceaux ont été projetés dans l’église jusque dans le chœur, coupe circuit et quelques bouts de fils brisés et brûlés à la tribune, vers le milieu. Les plâtras de pierre et de chaux projetés sur le sol. Cette bizarrerie s’explique peut être par le fait que le fils du paratonnerre qui passe du côté extérieur à cet endroit était juste coupé à ce niveau.

Octobre 1942. Réparation des cloches.
Pose de jougs en fonte, coussinets à billes, roue de sonnerie. Cependant la 4e cloche du clocher à conservé son joug en bois, celle là (comme celle du clocheton) n’a qu’un coussinet en cuivre ordinaire. C’est un ouvrier de la maison Pacard d’Annecy le Vieux Hte Savoie qui est venu faire le montage, il fut aidé par deux bons ouvriers du pays, Giraud Pierre, charron, et Gerbier Pierre, forgeron, et quelques autres. Le travail fut fait en 10 jours, et les cloches sonnaient pour la fête de la Toussaint.

L 'an 1792 et le seizième du mois d'octobre, je soussigné cy devant curé de Solignac, déclare que je laisse dans la sacristie de Solignac à la charge de Messieurs les officiers municipaux tout ce qui suit.

  1. Quatorze aubes dont quatre usées, et les autres passables, avec quatre cordons assez bons.
  2. Trente trois amicts, et quatre vingt purificatoires.
  3. Dix sept corporaux, et dix neuf nappes d'autel, ou pour la communion.
  4. Dix sept essuye mains pour la sacristie, et vingt deux pour l'autel.
  5. Vingt garnitures d'étole, et bien d'autres mauvaises.
  6. Quatre calices avec leurs patènes assez bien dorées, dont l'un est beaucoup plus précieux.
  7. Deux ciboires pour la communion, et deux pour le St viatique.
  8. Un soleil ou custode pour la bénédiction, et trois écharpes avec une quatrième usée.
  9. Deux croix processionales et une pour les enterrements.
  10. Un reliquaire de la St Croix en arquemine avec l'authentique sous le pied, autre reliquaire en argent de St Vincent, dans lequel sont enfermées des reliques de St Martin martyr, et de St Reymond de Peignafort, les authentiques séparés à coté.
  11. Six grands chandeliers en arquemine pour le maître autel, et six en laiton avec deux petits.
  12. Huit chandeliers en arquemine un peu moindre pour les deux chapelles, et quatre en letton à notre Dame.
  13. Quatre chapes dont deux sont très usées, et une noire fort mauvaise, et quatre étoles dans lesdits chapes.
  14. Deux grands Christ en arquemine et un petit.
  15. Dix huit chasubles savoir cinq rouges deux usées, trois blanches, trois de toutes couleurs, trois violettes, dont l'une presque neuve peut servir pour le rouge, deux vertes usées, et trois noirs, dont une mauvaise.
  16. Deux Dalmatiques de toutes couleurs, et deux noirs sont usés.
  17. Six étoles assez usées.
  18. Trois paires de burettes d'étain avec une cuvette.
  19. Trois encensoirs et une navette en état.
  20. Deux missels nouveaux et deux pour le rite romain, et deux grands livres de chants in folio du nouveau rite, un graduel in folio pour le romain

Je certifie le cy dessus et derrière être conforme à la vérité en foy de quoi j'ay signé à Solignac le 18 8bre 1792
                                                                                              Solvery cy devant curé

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