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A.D. Ref: 8° G 405 - 2

L'ARX DE SOLIGNAC

Les Vigueries Carolingiennes Vellaves

A. Boudon Lashermes

La Viguerie comprenait quatre arces : Solignac, Fay, Bains, et Cordes, auxquels s'ajoutait la forteresse des Crottes, dans le ravin de Cussac, sur la Loire, en face de Poinsac.

Ce château-fort, bâti sur l'extrémité de l'éperon rocheux se détachant du plateau de Solignac pour s'avancer vers le fleuve , dominait le Val de la Gagne, à quelques centaines de mètres au dessus de son confluent avec la Loire, au pont appelé par les cartes Moulin de Bellut.

Il n'en restait que des masures en 1630.

L'Arx de Solignac occupait l'emplacement actuel de l'église et du cimetière. La cité et son mandement ne furent jamais aliénés, du X° au XVII° siècle; il fallut alors la ruine financière des Polignac, issu des Solignac qui l'étaient des Mercœur pour amener d'abord une première vente, à remere, à un parier Falcon, de Cayres, puis une autre, définitive, à un parier Nogier, alors notaire au Puy.

Le bourg même de Solignac est extrêmement ancien. C'est dans ses murs qu'on a retrouvé le beau cippe funéraire du Musée du Puy, représentant le dieu Vellaunus avec son chien et ses armes, parmi lesquelles la fameux arbalète Vellave, encore inconnue à cette date dans tout l'empire romain.

Beaucoup d'autres pierres antiques existaient à Solignac à la fin du XVIII° siècle; elles ont été pour la plupart, enfouies dans le mortier de constructions modernes. Seules subsistent aujourd'hui celles du bourg de Saint Aubin, resté à l'état de ruine abandonnée (tombeau de Saint Aubin, bénitier de Saint Aubin, pierre de Saint Aubin....) hâtons nous d'ajouter que ses pierres sont des monuments pré-romains et que le culte de Saint Aubin est seulement venu s'y superposer à des rites préhistoriques.

L'église même de Solignac s'élève sur les ruines d'un ancien temple gallo-romain. On a retiré de sa crypte, au cours des XVII° et XIX° siècles, de nombreux vestiges anciens; il y subsiste aujourd'hui une tête très frustre, à longues moustaches à la Gauloise, aux yeux démesurément arrondis, à la chevelure raide et hérissée.

Le bourg Carolingien de Solignac s'agrandit plus tard, à l'époque féodale, dans la direction de la Loire. D'abord cantonné sur l'arête même du rocher, il descendit alors sur ses pentes, à la façon de Rochemaure en Vivarais. Les châteaux d'Odin et de Saint Aubin devinrent dès lors des sentinelles avancés sur le fleuve, au dessous du Monastère de Solignac, dont le cloître ( la Claustre) dominait le Moulin de la Moutona, construit sur le ruisseau, devant la Porte de la Moutona.

Nous connaissons une autre porte de l'ancienne cité; c'est la porte Faugèyra, s'ouvrant dans lou Bàrri de Solignac entre l'hôtel des Solignac et celui des Spert. Plusieurs documents des XIII° et XIV° siècles mentionnent encore l'ancien Marchadial de Solignac, voisin de L'Ouchia del Marchadial et du logis des Faures, anciens fàoures de la cité. D'autres textes contemporains de ces derniers nous signalent les moulins de Solignac, ses batifols, sa rue de l'Argentiere, etc....

Il est d'ailleurs à noter que l'importance de Solignac était considérable, aux temps carolingiens. Non seulement cette ville était chef-lieu de Viguerie, mais elle était archiprêtré, commandait à la fois le cours de la Loure, de Malpas aux ponts de Solignac et de Bauzac, et l'important carrefour de voies antiques constituait alors le Pont de Brassac, plus tard Pont de Basset entre Tourtinhac et Masfrayt. Elle fut sous les Capétiens, le siège d'une Baronnie diocésaine que les Polignac eurent l'adresse de réunir à leur fief , qu'ils lui substituèrent.

Elle avait un péage à Tarreyres, sur la route du Puy à Toulouse; elle tenait, à Bains, la route du Gévaudan; au pont de Beauzac, l'estrade ligure allant du lac du Bouchet à la Fontaine Parlante du Meygal sous le nom de Vio dei Besquilhous; à Saint Christophe la voie antique du Puy vers le Gévaudan.

Il est extrêmement probable qu'il dut exister, primitivement, une bourgade du nom de Brassac sur la pointe de l'éperon rocheux qui s'avance, du Sud au nord-est, devant Tourtinhac, séparé seulement d'Aunac par le Pont de Brassac.

Ce dernier, que les cartes nomment aujourd'hui ruisseau d'Aunac, prend sa source au lac du Bouchet et descend à la Loire par l'Herm, le Pont de Brassac, le Brignon, Orzic et Beauzac. C'est lui qui forme la cascade de la Baume, prés d'Agizoux.

Solignac avait trois églises: Saint Loup, Sainte Catherine, et Saint Pierre des Arènes

(hors du castrum).

Le castrum de Solignac occupait à peu prés exactement le même emplacement que le bourg actuel du même nom. Celui ci s'est seulement étendu un peu plus à droite de l'église et retiré de l'éperon rocheux situé à la gauche de celle ci, où seul le cimetière subsiste.

La forteresse englobait primitivement toute l'esplanade du cimetière, jusqu'au roc final qui termine en pointe le promontoire entier, dominant à pic l'ancien faubourg de Solignac, l'église de Saint Pierre des Arènes, le rempart ou Bàrry de Solignac, Saint Aubin et la voie romaine.

De l'autre côté du petit ravin du Bàrry le plateau de Solignac continue à surplomber le gouffre et à former balcon sur le val de la Loire, au dessus de Saint Aubin. Là se dressait, au bord du plateau, la Crous de la Vicario, dernier souvenir de la Viguerie disparue.

Nous trouvons aux portes du chef lieu de la Viguerie, la Garde de Solignac, autrement dict le Suc de la Faye.

La viguerie de Solignac avait ses fourches à Malpas, et son vivier au Monteil, aux portes même du Castrum, dans la direction de Mussic : l'estanc du Monteilh, encore existant en 1314. Elle avait son hopital à Bizac, sa Garde à Concis(la Garde de la Faye), un fort à Tarreyres, et un autre à Crumilhac (aujourd'hui Saint Christophe sur Dolaison), pour commander la voie antique descendant sur le Puy; il existait là une tour, appartenant aux Solignac: turris Sancti Christophori. Elle avait un sanctuaire antique à la Bourboute, sous le roc même du Castrum, au dessus de la Sagne.

Cette source sacrée, dédiée au dieu Borvo dont elle a conservé le nom, coulait au pied de Solignac, dans la direction de la Loire. Borvo, nous l'avons dit, était un dieu solaire de sources, qui fut assimilé plus tard à Apollon. Il est curieux de constater que le nom même de Solignac, où jaillit sa source sacrée, est un composé du mot Sol, dont vint d'abord, aux temps du culte solaire, l'adjectif qualificatif dont il fit plus tard Solemnis (qui a trait aux fêtes solaires) et dont viennent les mots Solennel, solennité; (le culte solaire étant le culte primitif par excellence, toutes les cérémonies religieuses conservèrent son nom).

Or Solignac aussi nous vient de Solemnis, Solemniacum en 991 et 1080, et nous en vient parce qu'il tire son origine d'un nom d'homme suivi de la désinence acum: Solemnus ou Solemnis, nom que l'on retrouve partout où exista le culte du soleil, et qui désigne bien souvent d'anciens sanctuaires restés sous le Christianisme pèlerinages ou lieux saints.

Ce nom primitif, dérivé de celui du Soleil, fut probablement celui des prêtres préposés à son culte; nous l'avons signalé sur des monnaies Mérovingiennes Vellaves, du VI° siècle, nous constatons aussi qu'a l'aube du XI° siècle on trouve encore chez nos Solignac le prénom féminin d'Hilion, mot grec qui veut dire soleil.

Il a été retrouvé, à Solignac, plusieurs sculptures sur lesquelles figurent des emblèmes solaire; on en découvrirait certainement encore si l'on exécutait des fouilles autour de l'église ou du château.

 A l'époque de Charlemagne le comté du Velay comprenait 22 Vigueries.

L'Arx, datant des Ligures, survécut sous le nom de mandement jusque en 1789

Les Vigueries prirent le nom de Baronnies Diocésaines.

La Viguerie de Solignac devint la Baronnie de Solignac.

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