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Notes du curé Bonneton.
Notes de tout ce que jai trouvé dans les registres
ou vieux papiers de la paroisse de Solignac, chef-lieu de canton. Ou
de ce que jai appris de curieux de la part des anciens qui
avaient au moins 80 ans. Les plus anciens registres de léglise datant de
1620, tenus par M. Etienne Roche de Solignac, prêtre et
curé de la paroisse, il prit possession de cette cure le 29
juin 1620, et resta curé jusquen 1669 où il
mourut le .. juin 1669, il parait quil était natif de
Solignac.
Il succéda à M. Barthélémy,
prêtre de Cussac, il était extrêmement exact
à coucher sur les registres de la paroisse tous les
événements tant soit peu remarquables, qui arrivaient
à Solignac, dans la paroisse ou dans les environs. Je vais en faire lénumération, tel que je les
ai vus dans les registres signés de sa main, il
écrivait assez bien de son temps.
Le dix de juillet 1620, la pluie fit des dommages à
prés de mille lieues de pays, et si les portes de la ville du
Puy eussent été fermées, dit-il, toute la
basse-ville se serait noyée ; Cétait un orage de
2 ou 3 heures.
Le 23 juin 1620 fut enseveli en la chapelle St Jean, discret et
vénérable homme, Messire Jacques
Barthélémy, prêtre de Cussac et curé de
Solignac.
Messire Vincent Bonnet, prêtre et vicaire de Notre-Dame de
Solignac dit la messe, Messire Vidal Sigrand, prêtre et vicaire
de la chapelle de St Jean des Chardonneaux fit le diacre, et Messire
Etienne Roche, prêtre et curé de St Vincent de Solignac
fit sous-diacre et le père Bernard, Jésuite fit
loraison funèbre ; Il y avait une belle
assemblée.
Le 10 février 1621, Antoine Chaussende du Chier, en
mourant, fit une fondation de dire Vêpres, le jour de St
Antoine, 18 février
Le 15 avril 1622 Pierre Eyraud, dit Trente de Consis fonda
à perpétuité 5 sols, reçu Mathieu
Berniaud du Brignon Notaire en 1662, M. Mourgues, prêtre de
Solignac fut parrain, de même que frère Simon Mouton,
religieux cloîtré en léglise de Solignac,
le fut de son neveu Rouvier de la Borie, la même année
Messire Mathieu Florit, prêtre de Solignac et curé de
Coubon baptisa Jean Crouzet de la Balme ou Chatilhac ; Un
nommé Barry était métayer de M. le Vicomte au
château de la Balme ou Chatilhac.
En 1623, le 18 avril, cétait la coutume
ancienne de faire la procession à Notre-Dame du Puy, et
à St Barthélémy ; Alors existait à
Solignac, M. Jean Sigaud, docteur avocat en la
sénéchaussée du Puy et lieutenant de la baronnie
de Solignac. Mme son épouse était demoiselle Louise
Jourdan ; Alors existait aussi M. Mathieu Florit, prêtre de
Solignac et curé de Saint-Vosy de Bonnas du Puy, ainsi que M.
Antoine Gerbier, prêtre de Cussac.
Le 10 février 1624, il fit des éclairs et des
tonnerres, avec tant de neige, le samedi, que les habitants du bourg
vinrent finalement à cheval à la messe le dimanche
Le 21 mai, il fit si grande pluie que de 10 ans on avait
point vu la Loire si grande.
Le 16 août 1624, jour de la fête de
lAssomption de la bienheureuse et bénite Vierge Marie,
mère de Jésus-Christ, environ midi, se leva un temps
terrible et épouvantable avec des éclairs et tonnerres
les plus effroyables et épouvantables quon ait vu de la
vie des vivants ; Après que nous eûmes fait la
procession et eûmes dit les litanies de Notre-Dame, on
commença vêpres, alors se leva un temps encore
quil eut duré trois ou quatre heures auparavant, plus
terrible et effroyable et comme on disait cette hymne de la
Vierge,
Ave Maria Stella dei Mater Alma, il fit un tonnerre, le plus
effroyable quon ait jamais ouï, alors la foudre ou feu du
ciel tomba en quatre maisons à la Borie, quil ny
demeura rien ;
A savoir la maison de M. Laurent Bellut, et à la maison de
Messire Pierre Audier, prêtre de Solignac et de Pierre
Veysseyre ensemble à la maison de Jacques Moutet de Solignac
tout aussitôt, je soussigné étant bien
accompagné dautres qui entendirent loffice de
Vêpres, je porte le Saint-Sacrement où le feu du ciel
avait fait le mal, où Dieu grâces, le feu
naugmenta plus en avant, mais néanmoins, le temps fut
plus terrible quau commencement, de sorte quon ne savait
que faire, car jamais on ne vit faire tant de pluie que fit tout ce
jour là, voire toute la nuit avec des éclairs et des
tonnerres très épouvantables et forts, que dix neuf ans
environ quelles avaient été brûlées,
mais avec du feu du ciel, comme trois maisons au village
dEssenac, paroisse de Saint-Christophe, à la même
heure, la même année, veille de Saint-Augustin il fit
tant de mauvais temps que Mathieu Vallette, tailleur de la Borie,
âgé de 86 ans navait jamais vu un tel
tintamarre.
Le 1er xbre 1625, la Loire devint si grande que tout le
monde la regardait être plus grande que lan 1552
où elle abattit les ponts de Coubon, de Goudet et autres.
Le 10 janvier 1626, mourut Jeanne Veysseyre, veuve de
Mathieu Cannilhiat de Collandre, âgée de 100 ans et plus
; Elle disait avoir vu sept curés de Solignac :
- le 1er Messire Rimoud , du Bouchet
- Messire Cherial
- Messire Deliques
- Messire Etienne
- Messire Dupperier
- Messire Jacques Barthélémy, prêtre de
Cussac et curé de Solignac
- Et un Etienne Roche, curé actuel
A cette époque, le Besson est dit de la paroisse du
Brignon, maintenant à Claude Moulin.
Le 25 juin, le tonnerre tomba au clocher et tua deux hommes,
et en 1660, il avait tué aussi au clocher, trois hommes, le
jour de Saint-Ursule.
En Obre 1626, la Loire était fortement
débordée et navait pas guère nuit.
Le 2 janvier 1627, il fit des tonnerres, de la grêle,
des éclairs, la grande cloche tomba sans se briser, ni faire
du mal à personne.
Le 3 janvier, même année, Jean de Brenat a dit
sa première messe, il y avait bien du monde ; Simon de Brenat,
son frère, fut son parrain et Laurence Chazotte, sa tante
marraine.
Le 5 juin même année mourut subitement Antoine
Gerbier, prêtre de Mussic, il navait que 35 ans ; Il
existait alors un Messire Jacques Veysseyre, prêtre de Solignac
et vicaire de Saint-Julien-Chapteuil.
Le 26 septembre Messire Mathieu Julien du Chier, et balif de
Solignac donna en mourant 200 francs ; Les dix premières
années, lintérêt était pour
répartition à léglise et ensuite au
culte.
Le 14 novembre aussi la populace enleva le bled dun
nommé Charreyre, et dun grand du Puy, marchand ; On fit
arrêter et pendre plusieurs, et Monsieur de Polignac sauva la
vie à plusieurs des mutins et obtint leur grâce.
Le 22 janvier 1628, fut inhumé Claude Arnaud de la
Borie, le jour de St Vincent patron de Solignac, le dit Arnaud fut
estimé homme de bien, car, en lannée 1590, que la
ville de Solignac, son fort et son château furent
pillés, il se trouva par bon rencontre, que le dit Messire
Arnaud se trouva luminier de la dite église.
Où par sa sagesse et prudence, il sauva : Huit calices dargent avec deux patènes
dorées.
Ensemble deux croix dargent dorées, avec plusieurs
pierres précieuses attachées à la petite croix,
trois custodes dargent et un couvert en une dicelle, et
dazur et cristal.Le reliquaire de St Vincent qui est dargent.Deux paires de burettes dargent.Deux chandeliers.Un gobelet dargent pour donner à boire aux
communiants.Et plusieurs autres reliquaires garnis dargent et dor,
quil garda, lesquels il cacha et mis secrètement dans un
chier et clapier de pierres où près dicelles il
veilla plusieurs nuits, de peur et crainte quil avait de perdre
le trésor de la dite église ; Il disait quil les
avait mises dans un caveau, où les rats mangeraient le caveau
sans faire autre mal ; Le dit Arnaud avait 80 ans passés.
Le 7 avril, la foudre tomba à léglise
Notre-Dame du Puy
Le 3 mai, mourut discret et vénérable homme,
Frère André Rome de la Borie, âgé de 82
ans, il a fait une belle mort, parce quil avait bien
vécu, le dit Frère Rome avait dit à Messire
Roche curé, que quatre calices dargent doré, le
tout perdu et une croix dargent dorée : Un à
Solignac, ensemble la croix ; Lautre, à Rachiat,
lautre à Vorey et lautre à
Saint-Garmain.
Le 6 juin, le feu du ciel tomba une heure après midi
sur une maison de Tarreyres appartenant à Bergon, de là
passa à dautres, de sorte quil y a eu dix de
brûlées.
En cette année un nommé Messire Jacques Rome,
prêtre de Solignac et curé de Saint-Préjet de
Séneujols étant parrain, Messire Jacques Aulanier et
Mademoiselle Luquet femme de maître Martin, notaire royal et
rentier de Solignac, furent parrain dAntoine Chaishoste de
Solignac.
Le 28 8bre la peste étant à Cussac, les
enfants de Tarreyres étaient baptisés à Solignac
; Notre curé que le 1er jour de novembre, lan mille six
cent vint neuf, la contagion était si grande, non seulement
à la ville du Puy, mais au pays du Velay, que
cétait une chose effroyable et très
épouvantable, principalement à St-Julien-Chapteuil,
où il en est mort quatre ou cinq cents, ou environ ; Au
village du Brignon, au village de Mussic ou de Cussac, Charentus et
Coubon et en foi de quoi je me suis sous soussigné Roche
curé.
Daprès la texture des registres, la peste dura
deux ans près ; Des gens de Mussic avaient retiré
quelquun de leurs amis pestiférés du Puy, on les
avait mis à quelque cabane du bois des Cotes, et malgré
leurs précautions, ils prirent la maladie, elle se
répandit dans les villages de la paroisse, il mourut beaucoup
de monde, on en enterrait plusieurs le long du chemin de
léglise, partout là où il y avait des
croix plantées, tels quà Concis, Chasilhac,
Colandre et Mussic, enfin un Messire Roche, curé,
célébra la Sainte Messe du dimanche, en plein air.
On fit un cimetière au Marchedial, pour enterrer tous les
pestiférés. Les portes de la ville étaient
gardées, il parait que la peste ne pénétra pas
dans la ville de Solignac, vu les précautions quon
prenait, de garder exactement, mais elle fut jusquà la
Loire, et Messire Roche dit que lherbe poussait dans les rues
du Puy comme dans un pré, tout le monde avait quitté la
ville.
Le 30 xbre la contagion était au lieu de la
Loire.
En 1630, Messire Roche marque le 22 janvier, fête de
la St-Vincent patron de léglise de Solignac, en ce temps
là les commissaires furent reçus à la ville du
Puy pour limposition des deniers du roi.
En avril 1632, M. Roche, curé de Solignac fut parrain
dEtienne Chambon fils dEtienne et Marie Gerbier, avec
Isabeau Roche, fille de feu Jacques Roche de Solignac et furent
présents M. Mouton, religieux cloîtré de Solignac
; M. Vincent Bonnet, prêtre et vicaire de la vicairie de
Notre-Dame de Solignac, Pierre Audier aussi, prêtre et vicaire
de la vicairie St Jean des Chardonneaux.
Maître Jean Sigaud docteur en droit et lieutenant de la
baronnie de Solignac et M. Boudinhon, notaire royal et greffier de la
baronnie, Jacques Chaussendier, notaire royal, M. Luquet, chanoine de
léglise cathédrale Notre-Dame du Puy
soussigné et M. Mourgue, prêtre.
En 1633, existait Toussaint du Payen, praticien de Solignac
et rentier de M. Les révérends pères
Jésuites du Puy ; Alors existait M. Charles Obrier,
prêtre de Solignac et curé de Cussac.
Cette année le grand Jubilé de Notre-Dame du Puy eut
lieu le 25 mars, dans ce temps là le domaine de Nirande, alors
paroisse de Solignac appartenait à M. De la Roche, et
André Chabrand demeurant avec M. Le Vicomte de Polignac fut
parrain de Marguerite Queyrele de Mussic et M. Chabrand, curé
du Brignon était présent.
On marque le 25 septembre le jour de la St Loup, un Sieur de
Brenat est curé de Coubon.
En 1634, Claude Barry habite le château de la Balme,
M. Vincent Bonnet prêtre et vicaire de la chapellerie
Notre-Dame de Solignac.
Le 4 avril 1635 Antoine Martin et sa femme Marie Laquet sont
receveurs de M. Le Vicomte de Polignac et M. Pierre Audier
prêtre et vicaire de St Jean des Chardonneaux de Solignac.
Le mois de mars 1636, le jour de Pâques il y avait
à Solignac une compagnie de gens de guerre arrivée ce
jour là après vêpres, jamais on avait vu tant de
gens de guerre au pays de Solignac, Messire Charles Obrier,
prêtre de Solignac, curé de St Sulpice de Cussac et M.
Antoine Veysseyre est curé de St Vidal.
En 1642, Guillaume Benoit était geôlier des
prisons de Solignac.
En 1633, M. Roche Limagne de Cherac est rentier de la
métairie des Jésuites du Puy, à Mussic.
En 1633, le dimanche 27 août, fête du reinage de
St Barthélemy à Solignac à cette époque,
M. Allegre de la Balme, prêtre, signe vicaire de Solignac, le
lundi fête de St Mathieu apôtre, il passait dix ou douze
mille chevaliers qui venaient dAuvergne, ils faisaient mille
maux aux lieux où ils passaient, ceux de la ville du Puy en
prirent deux qui se firent mal et les voulaient condamner à
mort, mais le capitaine envoya au roi et furent
délivrés.
Le 17 février 1664, il fit plusieurs tonnerres en
sortant des vêpres du dimanche et des éclairs, toute la
semaine il y eut beaucoup de maladies et autres choses terribles et
épouvantables, alors M. Allegre signe comme présent aux
actes avec M. Roche curé.
En 1665, un Blaise Nogier est fermier de la métairie
de M. Jean Bellut de Chassilhac, alors naquit un enfant
illégitime, cest le premier que je trouve dans les
registres depuis 1620, un deuxième naquit la même
année.
En 1666, le reinage de St Barthélémy
était le 29 août, le mois dObre les grands
jurés sont rentrés dans la ville du Puy de sorte
quils exercent une terrible justice contre la noblesse, les
gens de justice et tout autres, principalement aux meurtriers et gens
de mauvaise vie.
Le 6 Obre, les grands jurés étaient dans la ville du
Puy où ils firent pendre plusieurs et roués six ou sept
personnes et principalement un procureur de Craponne, le jour de St
Vosy, le 12 Nbre où toute la cour de la
sénéchaussée y était, ce que jamais en la
ville il n'était arrivé.
Le 4 décembre, le grand juré de la chambre ardente
sen sont allés à Nîmes avec beaucoup de
prisonniers.
En 1668, naquit un bâtard de Marie Brenas, il parait
que tous ces chevaliers ou gens de guerre avaient gâté
les murs.
En 1669, le dimanche 25 janvier Fête de l'indulgence
de St Vincent, jignore ce quelle est devenue.
On trouve dans les registres qu'un M. Roche portait la procession
à Allegre à la Trinité et autres lieux, il
nen dit pas la cause ni lorigine, cest
peut-être depuis la peste.
Il dit que le dimanche 5ème jour du mois daoût
après avoir dit la Sainte Messe il partit avec les luminaires
et furent à la Sainte Trinité où ils furent bien
reçus par les révérends pères de la
Sainte Trinité et comte de Brioude, quils
couchèrent au village de Berbézit et vinrent à
Notre-Dame de la pitié dAllègre, et rapporte les
curiosités quil a vues, les repas quil a faits et
enfin bien des détails qui paraîtraient minutieux aux
murs de 1626.
Dans les enterrements, très souvent, il faisait
léloge des morts.
Daprès les registres il y avait beaucoup de gens
dune rare piété, si ces morts revenaient parmi
nous, ils nous accableraient de honte et de reproches, car à
peine de nos jours peut on présumer que parmi tous les morts
de lannée, un seul a fait une bonne mort !!!!!.
En 1669, M. Etienne Roche curé mourut après 49
ans de cure, et M. Mathieu Allegre, prêtre des Moulins de la
Beaume quon appelle aujourdhui Fatou ou les piles de
Beauzac, lui succéda à la cure de Solignac dont il
jouit 33 ans et 7 mois environ.
En 1703, M. Mathieu Allegre se démit de sa cure en
faveur de M. André Allegre, prêtre des Moulins de la
Beaume ou les piles de Beauzac proche parent sans doute du dit
Mathieu Allegre, puisquils sont originaires de la même
maison, ce M. André Allegre se mit en possession de la cure de
Solignac, le 3 mars 1703.
Il mourut à lâge de 38 ans et 2 mois. M.
Flandre était alors vicaire de Solignac le 5 juillet 1714. Ces
deux Messieurs Allegre nont laissé aucune note dans les
registres, leur écriture est un peu illisible.
Le 22 avril 1716, Messire Marcon est signé aux
registres, curé de Solignac, je ne sais doù il
était, il mourut le 9 mars 1726.
M. Flandre était encore vicaire de Solignac à cette
époque, M. Marcon na laissé aucun souvenir de son
temps.
Le 11 mars 1726, M. Tempere pris possession de la cure de
Solignac il était originaire de la paroisse de Rosière
dans lEmblavès ; Il a laissé les notes suivantes
:
Le 2 août, la foudre tomba sur le clocher de
Solignac.
Le 4 Août 1731, M. Claude Flandre, prêtre et vicaire
de Solignac, âgé de 56 ans mourut, il avait
été longtemps vicaire de la paroisse, alors il existait
un M. Alexandre Beauzac dAgizoux, prêtre et
cloîtré à Solignac, jignore ce que
cétait cette place de cloîtré, il peut se
faire que cela vienne encore du couvent qui était
derrière léglise, que le cadastre de M. Constant
appelé Chazal vacant, où était jadis la maison
claustrale.
Le 22 février 1739, la croix de pierre de
cimetière fut plantée par les Jésuites qui
faisaient une mission à Solignac, cette croix vint de Blavozy
et coûta 24 francs, les autres frais 36 francs ; Elle avait 15
pieds de haut sans compter le siège.
M. le vicaire était alors M. Bilhot, M. Tempere,
curé, cette croix vite abattue par les révolutionnaires
de 1793, et M. Chanut, curé, la fit rétablir en 1815 ou
16.
Le 29 mai 1742 mourut M. Jean Bonneton de Concis sous diacre
âgé de 22 ans, fils de Vital Bonneton et Jeanne
Bertrand. M. le vicaire était alors un Messire Gaigne
prêtre de Chacornac paroisse de Cayres qui est mort curé
de Saint Préjet de Séneujols, on dit quen parlant
à ses paroissiens il leur disait, "je m'en décharge et
en charge vos consciences ".
Le tableau et le retable de Notre-Dame du Rosaire ont
été mis en place à neuf le 24 décembre
1743, le tout a coûté 82 francs, sans compter les menues
dépenses, le retable 46 francs et le tableau 36 livres, cela
par M. Tempere curé.
Le 27 août 1741, 4ème dimanche du dit mois,
fête baladoire ou reinage de Solignac, deux hommes âges
de 24 ans, furent tués d'un coup de pistolet à cinq
heures du soir dans le cabaret, à la maison de M. de
Sinzelles.
A Noël, en 1743, parut une comète durant six
semaines et le public croyait que c'était l'annonce de quelque
fléau.
Le 6 8bre 1743, mourut M. Pierre Tempere curé de Solignac
après 19 ans et trois mois de cure. M.
Barthélémy prêtre de Solignac était alors
cloîtrier et M. Gaigne vicaire.
Le 4 Sbre 1743, M. Margerit signe comme curé de
Solignac ; M. Margerit originaire de Rosières dans l'Emblaves,
pays de M. Tempere, il n'est pas dit qu'ils fussent parents ; Les
anciens m'ont dit qu'il se faisait bien craindre et respecter, il
commandait en maître dans la paroisse.
C'est lui qui fit bâtir la maison d'assemblée de
Solignac et la donnât en mourant à Mlle Chabertes de
l'instruction du Puy, que m'a dit feu Mlle Senicrose,
supérieure de l'instruction.
En 1760 il avait fait planter les arbres du Taurus et ceux
du rivage derrière la maison de M. de Sinzelle vendu par
Maurice de Veyrac à Baptiste Chantemesse dit Simon, on dit que
M. Margerit était si absolu, que personne ne lui
résistait.
En 1752, M. Margerit n'ayant pu découvrir si la
confrérie du Rosaire était établie à la
paroisse de Solignac obtint des supérieurs
ecclésiastiques la permission de l'ériger et
l'érigea en effet en 1752.
M. Solvery, prêtre du Chier fut vicaire de Solignac le
4 Nbre 1753.
La même année, le 30 décembre Vincent
Bonneton, dit Bidou de Concis mourut sans enfants et fit du bien
à l'église de Solignac entre autres choses il
donnât à M. Margerit curé le pré du Mas
possédé aujourd'hui par Messire Baptiste Chantemesse
dit Simon que celui-ci a acheté de Jean Trevets, il donna
celui-ci en rente de fondation annuelle de 37 francs. Par feu M.
Margerit, la rente existe, mais personne ne la paye en 1823.
Le 4 octobre 1754 mourut Jean Bauzac âgé de 40
ans, mari de Marguerite Rousset par suite des brûlures qu'il
éprouva à l'incendie de sa maison qui fut
accompagné de la destruction de plusieurs autres maisons de ce
village.
Le 18 juin 1764. M. de Beget doyen de la cathédrale
du Puy bénit deux cloches de Solignac.
La petite pesant 240 Livres et la grosse pesant 30 quintaux ;
Elles sont au clocher encore toutes les deux.
M. de Veyrac fut parrain et Madame Roche Dugone du Chier,
marraine.
M. Margerit était curé et M. Solvery vicaire.
Le 4 Sbre 1770, M. Solvery prit possession de la cure de
Solignac, il parait que ce M. Margerit relégua la cure
à M. Solvery.
M. Margerit décédé à Solignac, le 9
août 1773, est enterré prés de l'autel de
Notre-Dame, âgé de 66 ans 3 mois.
Les anciens de la paroisse m'ont dit qu'il s'était
retiré au Puy, mais qu'il est enterré dans
l'église de Solignac.
C'est M. Margerit qui fit abattre une espèce de chapelle ou
tribune qui existait sur la chapelle de la Sainte-Vierge, et fit
construire ce double gradin en pierre de Blavozy qui est à la
table de communion.
Les anciens disent qu'autant M. Margerit aimait les
réparations et les entreprises autant M. Solvery les aimait
peu.
Le 11 août 1771, se noya au gouffre de la Loire deux
jeunes gens de Solignac.
En 1772, M. Montagnac de St Christophe est vicaire de
Solignac.
Le 14 Sbre 1773 mourut à Solignac M. André
Montagnac vicaire et le 7 9bre suivant, un nouveau prêtre du
Puy le remplaça.
La petite vérole tua 20 enfants depuis le 18 8bre 1779
jusqu'au 14 janvier suivant.
Le 7 Obre 1782 mourut Antonin Barthélémy
prêtre cloîtrier de Solignac âgé de 73 ans,
il était parent de la famille vulgairement appelée
Lisabeau parce que Elisabeth s'y était mariée et a
été son héritière, ce Monsieur faisait
l'école à quelques enfants et on dit qu'il tenait bien
la police à l'église durant les offices divins.
Le 10 août 1783, mourut Jean André Reynard
prêtre d'Agizoux de la maison qu'on appelle aujourd'hui Eyraud,
sa nièce fut son héritière.
En 1784, M. Pierre Veron prêtre de Rochombert paroisse
de Lantriac et à présent curé de Cussac figure
au registre comme vicaire et M. Nogier frère du ci-devant
signe comme cloîtrier, c'est le dernier cloîtrier parce
que les bénéfices ecclésiastiques n'existent
plus depuis la révolution, il est curé à
Vazeille en Gévaudan, canton de Saugues.
La mission à été donnée par les
missionnaires de Ste Colombe. M. Vazailles, M. Martinal et M. Giraud.
Elle commença le 9 janvier 1780 et dura l'espace de quatre
semaines.
M. Solvery était curé ; On ne planta point de croix,
on se contenta de faire regratter ou rafraîchir celle de la
place, depuis ce temps là il y en a pas eu.
Le 9 juin samedi de la Trinité 1781, 7 sujets de la
paroisse de Solignac ont reçu les saints ordres ; Savoir :
M. Etienne Reynard neveu de Solvery, vicaire du Brignon et
actuellement curé de Bains.
M. Rome curé constitutionnel de Beauzac, marié avec
une nommée Duplan et décédé en fin 1821,
secrétaire du juge de paix du canton de Solignac.
Et M. Bossi décédé, curé de Loudes
reçurent la prêtrise
M. Beauzac et M. Bossi le sous diaconat
M. Jarousse et M. Bossi les ordres mineurs.
La famille Bossi était une ancienne maison de Solignac, ils
étaient notaires, très religieux et bons
chrétiens, cette famille existe encore à Cromace
paroisse de St Martin de Fugères.
Le 10 Nbre 1792 et l'an premier de la République, M.
Beauzac d'Agizoux, étant maire, vint prendre les registres de
M. Solvery curé, par ordre du gouvernement républicain
et c'est de là que date la tenue de l'état civil,
jusque là les registres des curés faisaient foi en
justice et partout ailleurs.
Mais depuis 1792 les notes de l'état civil seules font foi.
Les registres de Messieurs les curés ne se tiennent que pour
obéir à Monseigneur l'Evêque qui en reçoit
un double à son secrétariat.
Ici commence l'histoire de la fameuse révolution
Française si fertile en crimes et en abominations, quelle sera
incroyable pour la postérité.
Je n'étais alors qu'un enfant de 7 à 8 ans,
restant avec mes chers parents dans un village, loin de tous
chefs-lieux. Je me suis trouvé assez heureux de ne point voir
toutes ses infamies, je ne les ai apprises que par le récit
des victimes ou les auteurs de ces désastres impossibles a
décrire pour moi.
L'histoire ne manquera pas de les rendre fidèlement
je me contenterais de dire ce que j'ai appris ou vu relativement
à nos pays, mais bien imparfait.
D'abord on tint des assemblées de notables, les partis se
formèrent, on demanda au clergé de France un serment de
fidélité à une loi dite "constitution civile du
clergé ".
Un certain nombre prêtèrent ce serment, et un grand
nombre le refusa parce que le pape
Pie VI avait condamné ce serment et tous ceux qui y
adhéraient.
Les têtes s'échauffèrent, le roi Louis
XVI est emprisonné avec toute sa famille, on le juge
publiquement, quoique innocent, il est exécuté par les
bourreaux, par l'instrument appelé "guillotine ",
inventé par un nommé Guillou.
Quelque temps après, la Reine Marie Antoinette et sa
belle-sur Elisabeth subirent le même sort, on
déclare la France république, la guerre s'allume
au-dehors de tout coté, au-dedans les proscriptions se font de
toute part, la noblesse est proscrite, les censives abolies, les
châteaux brûlés, les prêtres qui avaient
prêté le serment sont placés et reçoivent
des pensions, les communautés d'hommes et de femmes dissoutes,
un grand nombre de religieux firent le serment, les biens des
couvents et d'église vendue au profit de la nation.
On fabrique des papiers appelés assignats qui devinrent si
communs qu'à la fin 1000 Francs ne valaient plus un sol.
Les prêtres insermentés, où tout
ecclésiastique de même, furent chassés de leurs
places et on y mit des assermentés pour intrus.
Les peuples ne voulaient pas les reconnaître, on conduisait
par force les gens à la messe, on mettait en prison ou
à l'amende ceux qui refusaient, on levait des
détachements pour aller briguander de coté et d'autre
et toujours le mal allait croissant.
On inventa la semaine de dix jours et on compta ainsi : Primidi,
Duvidi, Trediti, Quartidi, Quintidi, Sextidi, Septidi, Octidi,
Nonidi, Décadi, qui était le jour du repos, sous peine
d'amende, et le dimanche il fallait travailler pour les mêmes
peines.
L'année commençait le 22 7bre, les mois
étaient de 30 jours justes et on comptait ainsi :
Vendémiaire, Brumaire, Frumaire, Vive, Pluviose, Ventose,
Germinal, Floréal, Prurial, Messidor, Thermidor, Fructidor, et
les 5 jours complémentaires ou des sans culotides.
L'injustice était à son comble mais encore
plus de libertinage, les filles qui avaient des bâtards
garçons reçurent une pension du gouvernement, les
sentinelles des prisons se mettaient toutes et même d'autres
individus pour célébrer les jours sans culotides.
On prêcha dans les églises des infamies, entre autres
à Solignac un nommé Rome Notaire dit publiquement en
chaire qu'autrefois c'était la chaire des mensonges mais qu'a
présent c'est la chaire de vérité.
On dansait dans l'église au son du tambour, on abattit les
cloches et les églises furent pillées, les images et
tableaux pieux brûlés ; On planta des arbres qu'on
appelait de la liberté ou de l'égalité ; On y
faisait des farandoles et des orgies, les gens en avaient perdu la
tête, en un mot je n'en finirai pas.
On tenait des assemblées appelées clubs où
tous les mauvais sujets placés surveillants dans chaque
endroit, venaient dénoncer qui ils voulaient, et alors les
arrestations, les amendes, les emprisonnements et les
exécutions.
La guillotine était en permanence au Puy, après les
factions se supplantaient les unes les autres et, celle du fameux
Robespierre fit un mal infini, tout un honnête et
chrétienne aurait péri en France si ce monstre eut
existé encore quelque temps de plus.
On porta la corruption et l'aveuglement au point qu'un fils entra
au club à Paris en portant à la cime d'une pique la
tête de son propre père, on lui fit une mention
honorable, et au Puy, on porta publiquement en procession une fille
pour déesse de la raison et à Solignac quelques
individus disaient ouvertement que le Bon Dieu était trop
vieux et qu'il avait assez gouverné, il en fallait un plus
jeune, mais je m'oublie, je viens à mon sujet qui est
l'histoire des curés et vicaires de la paroisse de
Solignac.
Lors de toute cette bagarre, M. Solvery comme
sexagénaire fut reclus, à St Maurice au Puy avec ceux
de son âge, aujourd'hui les Dames de la Visitation y sont
établies. M.Verron, vicaire tacha là où il put
de donnait un peu ses soins à la paroisse, M. Duchamp vicaire
de N. Dame du Puy était l'intrus de Solignac.
Les ecclésiastiques âgés de
moins de 60 ans étaient cherchés partout comme des
bêtes fauves, certains émigrèrent de France et
ceux qui restèrent dans leur pays eurent bien à
souffrir.
On donnait une récompense à ceux qui les
traduisaient et on condamnait à mort ceux qui leur donnaient
asile.
Dans ce temps là, il y avait M. L'Abbé Beauzac,
aujourd'hui chanoine et grand pénitencier de la
Cathédrale qui ayant été prendre la messe
à St Maurice en Suisse où s'était
réfugié Monseigneur de Galard, évêque du
Puy, était rentré en France et se cachait comme il
pouvait dans les environs, chez les curés ; Il arriva une nuit
chez ses parents à Agizoux et y coucha, dit la messe et se
croyait en sûreté, mais malheureusement quelque
surveillant en eu vent, on prétend que c'était les
Combaralis, la maison Beauzac fut dénoncée comme
réfractaire et suspecte.
La gendarmerie arrive, on réunit les habitants de la
paroisse et les Romes à la tête qui dans ce temps
là faisaient trembler le pays pour leur zèle
révolutionnaire, on alla investir la maison Beauzac un beau
matin, on fouille tous les coins de la maison, le pauvre abbé
Beauzac n'eut que le temps de se mettre promptement dans une cachette
et son frère Alexandre qui se cachait comme conscrit n'eut que
le temps de s'évader tout en chemise par quelque jardin du
voisin ; Les autres membres de la famille s'évadèrent
comme ils purent et furent obligés de se cacher longtemps dans
les bois, Marguerite Audier, mère de M. L'abbé fut la
seule personne qui resta entre les mains de cette brigandaille.
On la garrotte, on la conduit aux prisons du Puy, et
d'après un procès-verbal dressé à Agizoux
par-devant J.J.Rome, notaire de Solignac alors juge de Paix qui
déclarait qu'on avait trouvé un lit tout chaud et des
ornements d'église dans la maison Beauzac, ce qui faisait
présumer la présence de M. L'abbé Beauzac dans
cette maison, elle fut condamnée et exécutée
à mort par la guillotine au Martouret, fut-il jamais pareille
cruauté : Une mère, être condamnée
à mort pour avoir donné asile à son enfant ! .
On n'avait pas même des preuves puisque M. L'abbé ne fut
pas trouvé dans la cachette.
On apposa les scellés à la maison et lui
était dedans, des braves voisins lui prêtèrent la
main pour le faire sortir, quand tous ces brigands furent partis.
Il existait alors à Solignac, un nommé
J.J.Rome géomètre et homme d'affaire de M. Veyrac ; Il
donna fortement dans la révolution il avait 5 garçons
qui le surpassèrent en fureur dans ce parti, deux
étaient prêtres à l'époque de la
révolution, firent le serment, se marièrent et vinrent
faire des farandoles à Solignac publiquement avec leurs femmes
et enfants, le scandale fut à son comble, ces 5 individus
faisaient trembler non seulement Solignac, mais tout le canton. En
1821, dans l'espace de deux ans ou 18 mois il en est mort quatre
assez tristement et le 5éme habite Monistrol et vit encore en
1826.
Solignac avait un beau clocher garni de 6 cloches, la
flèche fut abattue par les révolutionnaires, on ne
laisse que 2 cloches, l'intérieur de l'église fut tout
renversé, la sacristie pillée et expoliée, les
images et statues brûlées ; En un mot c'était
pire que les vandales.
Enfin le respectable M. Solvery sortit de la révolution et
vint prendre soin de sa paroisse conjointement avec M. Veron, son
vicaire, mais ils étaient obligés de se cacher de temps
à autre en faisant leurs fonctions en cachette, ils
s'habillaient en laïcs et ne disaient la Messe que dans les
granges ou dans les écuries. L'église leur était
défendue.
M. Solvery disait en parlant de la révolution que la
révolution avait enlevée à l'église de
Solignac plus de 6.000 Fr, cependant le général
Bonaparte s'empara des rênes du gouvernement après avoir
fait un concordat avec le Pape Pie VII, il pacifia un peu les
affaires de l'église. Des évêques furent
nommés, et M. Solvery fut confirmé curé de
Solignac, et M.Veron resta son vicaire.
Monseigneur l'Evêque était alors M. De Belmont
évêque de St Flour dont le diocèse du Puy faisait
partie depuis ce concordat, mais en 1820, ce diocèse a
été rétabli.
Le 2 juin 1805 mourut M. Mathieu Solvery, curé de
Solignac prêtre du lieu du Chier de la maison vulgairement
appelée Louberni, aujourd'hui Reynard, âgé de 78
ans M. Veron était alors vicaire.
M. Solvery d'après le dire de ceux qui l'ont connu
était très instruit, plein de capacité et de
savoir, de murs irréprochables, très
édifiant, portant la douceur et la patience aussi loin que
possible, mais il exista dans des temps fort difficiles, il fut
obligé de voir bien des scandales et des désordres dans
la paroisse, il ne pouvait qu'en gémir en souffrant pour
l'amour de Dieu, il était généralement
estimé et respecté, non seulement de ses paroissiens,
même des mauvais sujets mais encore de tout le voisinage, ses
confrères le regardaient comme un oracle et le consultaient
très souvent.
Le mois d'août 1813, M. Guillaume Bertrand curé
s'étant transporté au Puy pour faire des remèdes
y mourut et son corps fut inhumé au cimetière de
Solignac d'après ses volontés, il était
âgé de 60 ans, ses vicaires à Solignac furent
successivement :
M. Titoulet, prêtre de Tence, M. Cortial, prêtre du
Puy aujourd'hui curé de Borne,
M. Ménabé, prêtre de Fleurac, paroisse du
Brignon aujourd'hui curé de St Arcon de Barges.
Solignac n'avait point de presbytère, les
curés étaient locataires de la maison Sinzelle acquise
de M. De Veyrac par Baptiste Chantemesse mon aubergiste ; M. Bertrant
fit abattre la maison du prieuré qui était où
est le jardin de la cure et fit bâtir la maison
presbytérale avec la vicairie, il se chargea de tout le
travail moyennant 2.000 fr. que la paroisse lui donna, cela lui donna
beaucoup de fatigue, d'embarras et de dépenses, mais il aimait
cela.
M. Bertrand était grand prédicateur très
décidé dans les affaires et fort entreprenant, il ne
craignait pas de se montrer, la mort l'enleva trop tôt,
curé il aimait bien faire d'autres choses pour la paroisse, vu
son humeur entreprenante.
Le 8 août 1813, M. Etienne Chanut, prêtre du Puy
desservant de Borne arriva comme curé de Solignac et eut
successivement comme vicaires :
M. Ménabé, M. Malescot prêtre du Brignon, ce
dernier aujourd'hui curé de Fay le Froid, c'était un
homme d'une grande douceur, ayant bien la confiance de ses
paroissiens ; Mais il était tout maladif, de manière
qu'il n'entreprit rien d'important dans la paroisse.
On raconte qu'il disait souvent "jai fait une sottise de
quitter Borne pour venir à Solignac dans mes vieux
jours ".
Ce Monsieur eut de grandes discussions avec une nommée
Magdeleine Rome Camargan fille dévote, faisant l'école
chez elle au détriment de l'assemblée, malgré la
défense de M. Chanut, ce Monsieur en mourut de chagrin car
l'autorité civile d'alors donnât à cette
entêtée gain de cause ; On rapporte que M. Chanut en
mourant dit à elle même présente :
" Vous êtes cause de ma mort, ne faite pas souffrir mes
successeurs comme vous m'avez fait souffrir ".
Le 14 février 1820 décéda M. Etienne
Chanut, âgé de 68 ans, M. Malescot étant vicaire
de la paroisse.
Le 15 juin 1820, M. Jean-Pierre Bonneton, prêtre de
Chaudeyrac, paroisse de Cayres, pris possession de la cure de
Solignac ; Il était vicaire à Coubon où il
était resté 4 ans et auparavant vicaire à
Saint-Didier-la-Séauve prés Firminy, ayant pris la
messe à Clermont-Ferrand en arrivant à la paroisse il
trouva beaucoup de réparations a faire et il commença
par faire blanchir l'église à l'intérieur et
cela coûta prés de 200 fr et de la chaux, pour 40 fr,
les paroissiens on fait toutes les corvées gratis.
Le 14 février on paya à un nommé Testud
du Béage 300 fr pour la façon, fournitures et dorure du
maître-autel de l'église, le Christ de procession de
l'assemblée coûta 20 fr, Le 15 mars 1824, le marbrage du
maître-autel, façon et fournitures fut payé
à J.J Mirmand, menuisier de Concis - 62 fr.10.
le 10 avril 1823, le même jour, Pierre Mirmand fit les
banquettes et la boiserie du chur de l'église
jusqu'à la porte de la sacristie et la place du
célébrant, et fournitures, en tout on lui paya 194
fr.
Le 26 juin 1825, on paya pour bâtisse des
éperons derrière l'église, au même Mirmand
72 fr et les journaliers qui lui aidaient 23 fr.
En 1824, on planta les arbres derrière la cure au
chemin de l'église, André Delherm Dourson clerc de
l'église les planta, toutes ses dépenses étaient
faites par M. Le curé Bonneton qui avait obtenu des fonds du
gouvernement par l'entreprise Calemard de la Fayette procureur du roi
et ensuite député en 1825.
Le 29 mai 1824, Monseigneur de Bonald, évêque
du Puy, accompagné de M. Bonhomme son secrétaire et de
M. Demalhet, son grand vicaire qui est aujourd'hui
évêque de Tulle, donna à Solignac la confirmation
en faisant sa visite pastorale à 60 personnes de Solignac, 30
de Cussac et à 20 du Brignon, on lui fit beaucoup d'honneur et
l'église était pleine de monde, il coucha à la
cure.
En 1824, Rose Abrial, du Chier et Magdeleine Laurent du
Monastier achetèrent 7.000 fr à un paroissien la maison
du Monteil et y ont établi une communauté de St Joseph,
elles prirent l'habit avec d'autres à la St André de
1824 des mains de M. Issartel, chanoine et supérieur
général des religieuses du diocèse, un jour de
dimanche où il y avait beaucoup de monde des environs,
même plusieurs prêtres. Le mois de mai, Pierre Sigaud,
dit Carlo, fouilla le terrain derrière l'église et on
lui paya 22 fr.
En 1825 et 26, les arbres derrière la cure et devant
son jardin furent plantés par M. Le curé, la cure fut
crépie et blanchie par M. Le curé, en 1825 et 26 le
toit fut réparé et les poutres posées en 1826,
les arbres du toit coûtèrent 64 fr, la chaux 40 fr y
compris le mur du nord du jardin, les journées à
Mirmand 100 fr, et aux manuvres 30 fr.
Le premier dimanche de l'Avent de 1826 l'ouverture du
jubilé ad instar accordé par Léon XII eut lieu
dans tout le diocèse de la Haute Loire et finit au 3 juin
1827.
Les exercices durèrent 6 semaines, commencèrent le
2éme dimanche de l'Avent, et fini le 2éme dimanche de
janvier, le 2 du dit mois on fit les quinze jours de stations en
procession de l'église à la croix du cimetière,
de là à celle de la place et à la croix de
Gagne, il y avait instruction le dimanche, mardi et vendredi avant la
procession et une retraite la dernière semaine, instruction
matin et soir ; Il y eut beaucoup de monde et d'empressement de la
part des paroissiens quoiquil n'y eut que M. Le curé et
M. Pochon vicaire, presque tout le monde fit des confessions
générales et témoignait grand désir de se
corriger et de se convertir.
L'année 1826 fut assez bonne, mais depuis la
Toussaint jusqu'à la fin décembre, il y eut beaucoup de
pluie et froid, on ne put vaquer à aucun travail rural.
Le 8 9bre de 1826, Rose Abrial, la Laurent, et la Chaussende
firent profession, et la Mirmand de Concis, la Vesseyre de Mussic,
l'Abrial du Chier et la Solheilac de Couteaux prirent l'habit des
mains de M. Le curé, le nombre de convives avait rempli toute
la grande salle, on y mangea, je crois plus de 50 bêtes,
grandes ou petites, ce fut un jour de gogaille, la
cérémonie ne se fit que l'après midi, M.
Issartel n'étant pas venu à cause du mauvais temps, M.
Le curé fit la cérémonie d'après la
permission du dit M. Issartel.
Les deux frênes devant l'écurie de la cure ont
été plantés en mars 1827.
Pierre Jolivet, dit Fatou, fut noyé à la Loire,
entre Colandres et la Valette, il passait sur un petit bateau pour
vaquer à la pêche, le 21 mai 1827, la Loire était
forte à cause des pluies, il à été
enterré à Solignac le mois de juin 1827.
Les habitants du bourg de Solignac ont fait réparer
à neuf le four de la commune, ils y ont travaillé quasi
tout le mois sans compter les corvées on y dépensa la
somme de .............
En mai de 1827, les sources dites Moutbertes de Chaudeyrac
ont donné beaucoup d'eau, les anciens le regardèrent
comme un présage de malheur.
Depuis la fin juin jusqu'au 12 août il a fait une grande
chaleur avec forte sécheresse qui a séché la
récolte en tout genre et la rendue fort médiocre.
Le neuf août, il fit un instant de forte pluie par orages,
vers les deux heures de l'après midi et le tonnerre tua
derrière un gerbier, le domestique de M. Mirmand, Besse de
Mussic, il n'avait que 20 ans ; Cet André Bertrand, le rapport
du chirurgien ne connut aucune contusion, ni blessure, son chapeau
était à quelque distance de lui tout criblé.
Depuis la récolte de blé et tout le grain en
général est devenu cher.
Le bled qui ne se vendait que 2 fr le petit carton se vend en Xbre
4 fr ; Lautomne a été fort belle, il a fait de
grosses pluies dans certains endroits de la France.
A Noël, le temps a été sans froid, ni neige, ni
gelées presque.
1828
Le temps est très beau, on ne voit ni neige, ni
gelées, les ormeaux derrière la cure de l'église
ont été plantés en janvier de cette année
; La boiserie du chur de l'église a été
continuée par Mirmand charpentier du lieu de Concis, cette
année il a fait la place du célébrant.
La mission commença le 20 janvier, un jour de
dimanche, c'est M. Mercier, M. Fabre et M. Benoit missionnaires du
diocèse, elle a parfaitement réussi, tout le monde
presque approcha des sacrements, la communion générale
des femmes eut lieu le mercredi Gras et celle des hommes le samedi
Gras, elles étaient très nombreuses.
La plantation de la Croix se fit le lundi Gras au matin, le temps
était mauvais ce matin, il faisait de la neige,
néanmoins, la paroisse de Cussac et de Saint Christophe
vinrent en procession, la clôture se fit le mardi Gras au matin
19 février, le Christ de la Croix coûta 160 fr, l'arbre
fut donné par lou Besoi du Chier, on le planta au taurus, vis
à vis la porte du cimetière, les pierres pour la
bâtisse ont été prise chez M. Nogier dans son
château d'après l'agrément de Madame.
La pierre qui fait autel en pierre de Blavozy a été
donnée par Beauzac d'Agizoux, elle lui coûta 36 fr, tout
le temps de la mission la paroisse fut très belle, les gens
étaient très assidus.
Le mois de mai, M. Bonneton, curé à fait faire
les marches de la croix de la mission ; Fit réparer
l'entrée du cimetière, fit faire et placer ces deux
pierres blanches à la porte du portail du cimetière et
le vieux bassin de la fontaine de la place, détruite depuis
200 ou 300 ans. Il fit aussi construire la volière du
pigeonnier de la cure, Laurent Souveton dit Carpet de Colandre
était le maître ouvrier.
Dans le courant de 1828 le grain a été cher,
le bled fut vendu aux approches de la moisson prés de 5
à 6 fr, le bétail avait également beaucoup de
prix, et les terres se vendaient bien chers, des champs aux
curés de Solignac ont été vendus cette
année 200 fr la cartonnée ; Lété a
été bien tempéré et aussi humide, la
récolte a été assez bonne surtout en seigle et
abondante en pommes de terre, on les vend jusqu'à 10 sols le
carton ; L'automne a été bien belle, jusqu'au premier
janvier 1829 on n'a point vu de neige.
C'est en Xbre 1828 que M. Le comte de .................... est
arrivé comme préfet au Puy, les arbres qui longent le
chemin du Cimetière ont été plantés en
Xbre 1828.
1829
Daprès une note de la gazette, "feuille des
campagnes ", la révolution française depuis 1787
jusqu'à 1815 inclusivement a coûté à la
France 8.651.983 hommes ; En argent elle a coûté
16.390.998.729 fr et a donné 22.737 lois.
En 1829, la population de la France est de 31.851.543
individus ; Toutes les années 260 mille hommes atteignent 21
ans pour le recrutement, les naissances des garçons
l'emportent annuellement d'une quinzaine sur les filles.
Du 1er janvier 1829 jusqu'à la fin de février
le temps fut très froid, et donna beaucoup de neige, le
printemps fut assez bon, juillet fut très sec et chaud, les
pluies et le froid commencèrent en août, on eut beaucoup
de la peine à finir de récolter et encore plus à
ensemencer, toutes les terres étaient mouillées, les
seigles sont bien chétifs, à peine on les voit.
En Xbre la récolte a été passable en foin, et
seigle, beaucoup de paille et fort longue, médiocre en orge et
avoine, nulle en pois blancs, en raves et regain et très
médiocre en pommes de terre, elles se vendirent au Puy, 18
sols ; Le froment 6 fr, le seigle 2 fr, l'orge 3 fr.
En juin 1829, la croix du Marchedial fut
réparée et plantée, on y porta la procession du
Très Saint Sacrement, la Fête du Saint Sacrement en
passant par Rome au lieu de passer par Masclio. Le Pape Pie VIII
ayant accordé un jubilé de 15 jours le fit à
Solignac et dans tout le diocèse ; Le mois de Xbre on porta la
procession à cette croix, cette croix a coûté
sans compter la nourriture fournie par le bourg, près de 100
fr, les ormeaux autour de la croix de la mission ont
été plantés en mars 1829, par les enfants de la
communion.
Le jubilé commença à Solignac et dans
tout le diocèse le 13 Xbre 1829 et fini le dernier dimanche de
décembre de la même année, tout le monde se fit
un plaisir de suivre les exercices et d'approcher des sacrements, le
temps était passable durant tout le jubilé ; Mais,
à Noël, la saison devint si froide que le gel
pénétra dans presque toutes les maisons ; De vie
d'homme on avait vu un tel froid, à l'église tout
était gelé, à la cure il gela jusqu'à la
cave, on passait la Loire à pont de glace, encore au 20
février 1830, il gelait encore depuis sans avoir
discontinué depuis le 13 Xbre 1829 un seul jour, les loups
roulaient souvent autour de Solignac et menaçait même
les hommes, les chemins sont encombrés de neige et presque
impraticables depuis quasi deux mois. Le 21 février, le temps
s'est radouci sans être bien chaud.
1830
Le mois de mars, avril et les premiers jours de mai sont
très beaux, point de gel, bien de chaleur, mais une grande
sécheresse.
Les semailles de mars ont été très belles,
mais l'hivernal est bien chétif, toutes les années ont
été sèches, ces étés les vivres
ont été assez chers.
1834
Le plancher de la sacristie a été fait neuf et les
boiseries d'icelle en avril 1834, le clocher a été
refait en pierre de Denise, le devis se montait à 4.410
fr.
Continuation des notes sur la paroisse de
Solignac
1830
Le mois de mai et de juin on répara le dessous de la
chapelle de Ste Catherine où persistent des peintures
aujourd'hui, ce dessous était appelé charnier, rempli
d'os des morts, on en tira vingt-deux tombereaux pleins qu'on enterra
dans le cimetière, on trouva dans tous ces ossements un
sarcophage renfermant les os de deux corps et couvert d'une longue et
large pierre de Blavozy, l'intérieur et long de plus de 5
pieds, le dehors est sculpté de figures d'un chien de chasse,
d'un arc .............. de 2 génies, on en fit un don au
musée du Puy et le département promit de faire passer
au conseil général quelques fonds pour les
réparations de l'église, on fit communiquer ce dessous
à l'église et sert de sacristie pour les
pénitents et de remise pour des effets de l'église ;
Les pénitents se firent les frais qui se montèrent
à près de 500 fr et construisent ce double degré
en pierre pour monter à la chapelle.
Cette année, le mois de juillet, il se fit une grande
révolution à Paris, les rues étaient
barricadées avec des pavés qu'on avait enlevés.
Charles X avec sa famille furent exilés en Angleterre, et son
cousin le Duc d'Orléans Philippe fut reconnu par le peuple
pour roi des Français ; Tous les départements suivirent
Paris ; Il y eut des troubles partiels, les mauvais sujets levaient
la voix et passaient au pillage, mais tout doucement les esprits se
calmèrent et tout se pacifia.
En 1833, la fabrique de Solignac dressa une pétition
qu'elle envoya au ministre des cultes pour demander des fonds pour
réparer le clocher et le pavé de l'église.
Le gouvernement exigea un plan et devis estimatif pour constater
le besoin de ces réparations et l'insuffisance des revenus de
la fabrique et de la commune, et d'après le patronage de M.
Bertrand Farge, député de la chambre, le plan et devis
furent approuvés et accorda 2000 fr en deux annuités
pour faire ces réparations, la somme à dépenser
se montait à la somme de 1000 fr et plus, la paroisse
promettait 800 fr de prestations en nature.
M. Beauzac d'Agizoux étant mort maire de la commune
après avoir été destitué par le nouveau
gouvernement et remplacé par M. Hilaire de la Tourette
tenancier de la maison Gagne à Solignac, et M. Jarousse
d'Agizoux fut adjoint et mit beaucoup d'activités pour ces
réparations.
En mai 1834 la réparation du clocher, le plancher de
la sacristie, le pavé de l'église et la construction de
l'escalier du clocher furent données en adjudication à
la préfecture à Antoine Marie au Puy, entrepreneur,
à 15 fr 100 de rabais et on commença à
transporter des pierres de Denise, près du Collet, paroisse de
Polignac pour les tailler ici, toute la paroisse fit plus de 200
voyages, on porta la chaux du Puy, du sable de la Loire et de la
pouzzolane de Bizac, de Chassilhac et de Solignac pour cette
bâtisse qui commence par les quatre ogives anciennes
bâties en pierre de tuf.
Les transports furent évalues à 1450 fr et le reste
fut payé par le gouvernement 2000 fr et le surplus par le
département un peu chaque année.
En 1836, on reprit tout le clocher et on changea la sonnerie
du coucher au levant.
M. Jarousse d'Agizoux était maire de la commune et Reynard
de Chassihac adjoint, M. Souchon de Solignac avait resté
vicaire à Solignac près de 14 ans et fut
remplacé par un M. Monnier de Beaux en mars 1838.
En 1836, les surs du couvent de Saint Joseph,
près le Monteil, voulaient s'emparer de la maison
d'assemblée du bourg de Solignac, d'après le conseil de
l'évêque Monseigneur de Bonald et ses grands vicaires,
elles le firent colporter dans la paroisse par M. Nogier ; La
paroisse fut divisée en deux parties, le maire Jarousse et le
curé Bonneton avec tous les principaux de la paroisse furent
pour le maintien des deux écoles, l'assemblée et le
couvent.
Les surs avec les petites gens du bourg, M. Le juge de paix
Bernard, Taurin pour greffier et le notaire Chacornac voulaient le
couvent seul et point de filles de l'instruction à
l'assemblée qu'on voulait faire passer entre les mains de la
commune, mais les demoiselles de l'instruction du Puy produisirent un
vieux titre qui est l'expédition du testament de feu M.
Margerit, curé de Solignac, par laquelle il donne la maison de
l'assemblée avec les deux jardins, celui qui tient à la
maison et le petit situé sur la place, aux demoiselles
Chabertes et Portal supérieur le l'instruction et là
dessus les partis s'échauffèrent, celui du couvent fit
plusieurs émeutes, menaces et insultes.
M. Pouchon vicaire semblait favoriser ce parti on allait trouver
l'évêque par trentaine mais toutes ces voix de fait ne
purent rien devant un titre reconnu authentique. L'assemblée
reste dans son coin et reçoit les enfants internes et externes
qui veulent y aller.
En 1836 et 37, tout cela causa beaucoup de trouble et de
division parmi les habitants du bourg, M. Pouchon vicaire ayant
été remplacé au 1er mars 1838 par M. Monier qui
afferma le petit jardin de l'assemblée situé sur la
place, dès lors tout resta tranquille.
Le 1er 7bre 1838, on commença à travailler au
pavé de la nef de l'église, on fut rechercher des
pierres à la carrière de Taulhac près le Puy
où elles étaient transportées par Marie
entrepreneur de la carrière de Lardeyrole et Exbrayat dit
Chalou de Coubon les extrayait et vint les tailler et poser à
Solignac et posa la dernière pierre.
Le 22 Xbre 1838, M. Le curé Bonneton fournit en
paiement 1070 fr, savoir : 920 fr pour Exbrayat, et 150 fr pour Marie
qui avaient transporté les pierres de Lardeyrol à la
carrière. La nef de l'église à 40 toises de
surface, Exbrayat, fourniture et pose des pierres, était
payé à raison de 23 fr la toise, les habitants ne
fournirent pas un sol. M. Le curé fit cette dépense,
ils firent rechercher les pierres brutes à la carrière
de Taulhac, on fit 148 voyages.
La commune de Solignac fut cadastrée en 1836 et 37 et en
1838 on paya les tailles sur le nouveau cadastre.
Le 10 juin 1839, Jacques Miciolo plâtrier envoya deux
ouvriers pour crépir l'église entière et
finirent le 7 août ; On employa 111 journées à 3
fr et nourris par M. Le curé ; 200 cartons de chaux, 40
cartons de plâtre le tout transporté du Puy par les
paroissiens. 40 journées de manuvre, 24 chars de sable
de la Loire et 68 charges portées par les habitants.
On vernit toutes les boiseries de l'église, ainsi que les
deux confessionnaux fait en mars et février de 1839 par
Antoine Souveton, façon et fournitures M. Le curé paya
200 fr, la sacristie fut aussi crépie à neuf et les
bois vernissés, la dépense totale du crépissage
et vernissage de l'église, tout compté, coûta 500
fr.
En avril 1840, Monseigneur l'évêque de Bonald a
dissout la communauté de St Joseph de Solignac à cause
de leurs mauvaises affaires ou dettes, et leur défend de
porter l'habit et le voile à dater du 3 du mois de mai, et
dans le courant de cette année, tous les membres de la
communauté se dispersèrent en diverses maisons de Saint
Joseph.
La même année M. Montpeyroux, curé de Cussac
est décédé en mars, et laissa le curé de
Solignac exécuteur testamentaire de son mobilier qui fut
distribué aux pauvres de la paroisse de Cussac.
La vigne en treille devant le milieu de la cure a
été plantée par M. Bonneton, curé en 1835
et les deux autres petites en 1837. L'abricotier a été
planté en 1836.
On bitume le chur du bitume de Féragnes près
le Puy ainsi que quelques parties du clocher en 1839 et coûta
22fr la toise.
1841
Les couvents et les biens ont été vendus par
l'autorité de justice en août 1841, et le notaire
Chacornac l'acheta 11.050 fr et les charges. Grand nombre de
créancier ont perdu leurs créances, l'Abrial du Chier
qui en était supérieur déclara plus de 22.000 fr
et toutes les surs perdirent leur dot qui était de
près de 3.000 fr chaque ; On a de la peine a comprendre
comment il s'est dépensé tant d'argent dans cette
maison l'espace de 15 ou 18 ans, il n'y avait pas d'ordre et on
empruntait à intérêt.
La salle de l'assemblée a été crépie
et blanchie en août 1841, outre la nourriture fournie par M. Le
curé, la dépense fut de 12 écus ou 36 fr ; A la
même époque le salon de la cure a été
recrépi et réparé à neuf ainsi que les
rampes des degrés de la cure et cela a coûte 150 fr. En
juillet 1841, l'escalier du clocher a été changé
et bâti à neuf, coût 106 fr.
En 7bre 1841, la tribune ou chapelle des pénitents a
été refaite entièrement à neuf, et
exhaussée de un mètre au-dessus de la grande porte de
l'église, et a coûté en 1841, pour le plancher et
le balustre, les degrés et tout le bois nécessaire pour
achever les places et les dossiers qui restent à faire encore
la somme dépensée payée ou non est de 390 fr20 ;
Dans le courant de l'été le grand salon de la cure a
été réparé, blanchi vernissé et
peint à la fresque par Miciolo, M. Le curé a nourri le
plâtrier et a payé pour cette dépense 80 fr, dans
ce même temps les deux petits autels ont été
répares et vernissés par le même, cela a
coûté 50 fr.
La salle de l'assemblée a été
recrépie par la même, M. Le curé a payé
pour cela 48 fr, il a fait réparer le toit de la dite
assemblée et payé 8 fr et 2 fr de fournitures par acte
devant M. Richon notaire au Puy, et Jarousse maire a vendu à
la commune ou paroisse la maison dite Latour et toutes les
dépendances, le torus et les arbres pour la somme de 2100 fr
qui a été donnée en partie par le
gouvernement.
Cette automne a été bien pluvieuse il y a eu de
grandes inondations dans toute la France et même des
tremblements de terre ; Le temps n'a pas été froid
jusqu'à la fin de décembre 1841.
1842
Le mois de janvier commença par la neige, le froid et
beaucoup de cibère, tous les chemins furent comblés par
la neige et ce temps n'a pas discontinué jusque au
commencement de mars.
De ces deux mois on ne vit point le dégel. Le mois de mars
a été passable. La semaine Sainte fut encore froide, la
procession du jeudi Saint ne se fit que dans l'église, les
premiers jours d'avril sont encore froids, le 10 et le 11 il a
gelé comme au cur de l'hiver, et le 12 la neige a
couvert la terre de près de 17 centimètres.
Cette année a eu lieu le jubilé de Notre Dame
du Puy, il dura 12 jours, du jeudi Saint au lundi de Quasimodo, on
fit quelques instructions en Carême, la semaine de la passion
on en fit une chaque jour à cinq heures et demie du matin
à la messe ; La paroisse montra beaucoup de bonne
volonté presque tout le monde fit son devoir, M. Le
curé avec M. Le vicaire furent en procession à la
cathédrale du Puy le mardi de Pâques après midi
avec près de 300 personnes, on partit de Solignac à
midi, on fit la station à la cathédrale à 4
heures du soir et tout le monde revint en procession avec Messieurs
les prêtres, et on arriva à Solignac, et dans chaque
village à l'Angélus. Ce jubilé donna beaucoup de
mouvement dans l'intérieur des âmes.
La tribune des pénitents se continue à
réparer, on travaille à faire le plâtre depuis le
commencement de février jusqu'à la mi-mars ; Le tout a
coûté 600 fr environ, ce travail a été
fait à la grande journée, les économies du
trésorier avec les petits dons qui ont été faits
ont fourni cette dépense.
Le mardi 21 juin, Monseigneur Darcinoles,
évêque du Puy a donné la confirmation à
347 personnes dans l'église de Solignac, tout le canton y
vint, on commença à 8 heures et on eut fini à
midi, l'église était pleine de monde et tout s'y passa
avec édification, il y avait 6 ans que Monseigneur de BONALD,
aujourd'hui archevêque Cardinal de Lyon l'avait
donnée.
Le 23 avril 1842, d'après la permission de M.
Jarousse, maire, le chemin du taurus a été ouvert et
même tracé, la procession de Saint Marc y passa pour la
première fois et depuis ce jour tout le monde y passe avec les
processions suivantes.
L'année 1842 a été fort pluvieuse on a
eu bien de la peine à récolter toute espèce de
fruits, la récolte a été médiocre, mais
les pommes de terre ont été très abondantes et
fort grosses.
Cette année il y a eu encore un jubilé que le
Pape Grégoire XVI avait accordé à tout l'univers
Chrétien pour demander la pacification de l'église du
Puy, il a eu lieu à Solignac, du 11 au 25 décembre et
concourut avec une mission donnée par un nommé Antoine
Gras, dit Pierre Naus de Solignac. 90 célibataires, 2
pères Jésuites de Vals : le père Cotin et le
père Pract, vinrent prêcher et confesser durant les 15
jours ; La mission avec le jubilé finit le 25 par la communion
générale des hommes à minuit qui fut "de 3
à 60 ? " Et la clôture se fit le lundi matin
presque tout le monde fit son devoir.
Il n'y eut pas de plantation de croix, ce fut comme une retraite
pour la paroisse, il y eut peu d'étrangers, les exercices
avaient lieu de bon matin et à nuit tombante, le temps fut
très favorable.
1843
Vers la fin du mois de mai 1843, M. Le curé après
l'avoir communiqué à M. Le Maire a ouvert le chemin du
Torus entre la tour et Chantemesse pour aller à
l'église, cinq journées d'ouvriers auxquels M. Le
curé, et M. Monnier vicaire aidèrent, firent ce
travail, la tour et tout le Torus appartenaient à
l'épouse de M. Jarousse, maire, qui s'appelle Victoire Gagne,
la paroisse avait acheté cela depuis quatre à cinq ans,
de la tour on en fait une maison d'école normale pour les
garçons, tout le terrain du torus et les arbres sont de la
paroisse ; L'année dernière on avait commencé
d'ouvrir ce chemin, et cette même année il a
été ouvert de manière à y passer avec des
voitures, le passage derrière la cure subsiste encore mais on
a le projet de le fermer pour donner à la cure une basse
cour.
Le 16 avril, dimanche de Pâques, la
congrégation des garçons fit sa première
Consécration à la première messe au nombre de
douze, à la Sainte Vierge.
Dans le mois de mars, on a commencé à
bâtir une maison d'assemblée au village de la Beaume et
en mai on a commencé à bâtir le pont de la Beaume
sur l'Orzic.
Le 1er juillet deux hommes ont été employés
pour aplanir le chemin du torus et on a mis toutes les pierres du mur
du fort pour le derrière près du chemin qui passe
derrière la cure pour servir dans le besoin, elles sont
à la paroisse.
1844
Les temps des foins furent très pluvieux, on eut bien de la
peine à les récolter ; Le temps des moissons fut
très beau, mais l'automne fut très pluvieuse, les
regains et les pommes de terre furent récoltes avec beaucoup
de peine, la récolte a été passable et il y a eu
peu de maladies et de morts ; On na rien fait à
l'église seulement des réparations à la maison
d'assemblée de Solignac, les habitants nourrissaient les
ouvriers, et je les payais des petites casuelles ou dons faits
à l'assemblée.
1845
L'été a été pluvieux, le mois de mai
très froid, la récolte néanmoins promettait
beaucoup, le foin a été abondant et bien
préparé, un vent du midi souffla fortement durant huit
jours et brûla la récolte en seigle au point que les
gerbes ne rendirent pas même la semence ; L'orge a
été passable et les pommes de terre qui paraissaient
très belles éprouvèrent une maladie dans le mois
de 7bre qui les diminua de presque la moitié.
Le mal commença par la plante et passa à la pomme de
terre que le mal suivait comme un chancre et les a
gâtées jusque dans les caves.
Les vivres sont bien chers ; Le bled se vend 4/30 c., l'orge 3/20
les pommes de terre de 60 à 80 c. le double
décalitre.
L'automne a été bien belle le 8 Xbre on a pas encore
ou presque de neige ou de gel. Le village de Solignac depuis janvier
dernier a éprouvé une perte de bêtes à
corne, le mal était aux poumons, on n'a pu trouver aucun
remède à ce mal, et on en ignore la cause.
Cette maladie a fait périr plus de 30 bêtes durant
l'année, il n'y a pas eu de maladie pour les personnes.
La maison d'assemblée du village de la Beaume a
été achevée vers le mois de juin, elle a
coûté 638 fr50, le maçon y mit près de 252
journées, les habitants l'ont nourri et ont fourni tous les
arbres, ont porté tous les matériaux et ont fait
manuvre au maçon Reynaud des Salles Montgieux qui a
été payé pour le prix fort de construction 192
fr, Augustin Bertrand en mourant avait donné 100 fr pour cette
construction, son fils Florentin a payé 80 fr dus par son
père Augustin pour quelques communaux qu'il avait
achetés depuis bien longtemps, M. Jarousse d'Agizoux a
donné 30 fr pour cela, et les habitants de la Beaume ont
donné plus ou moins chacun pour quelques empiétements
faits par les communes du village. Madame la Deveze a donné 25
fr et M. Le curé Bonnet a fourni plus de 250 fr que le village
doit lui rembourser, mais on ne sait quand cela se fera. Dans le mois
de novembre, M. Le curé a placé sur l'autel les deux
adorateurs dorés à l'huile, il les a fait venir de
Lyon, et ils lui coûtent 120 fr d'achat et 10 fr de faux-frais.
Il peut les reprendre car la paroisse ne lui a rien donné sur
ces 130 fr.
Le 12 mars la fabrique a acheté à M. Bonnet
une chape de drap d'or et galons, montant 385 fr, elle a payé
100 fr, et le montant le payera un peu chaque année. A mesure
qu'elle aura des fonds et des revenus.
Dans le courant de l'été M. Le curé a
fait réparer la chambre et le cabinet du coté du Chier,
ainsi que la chambre et le cabinet et le pigeonnier attenant à
la sacristie et a payé pour cela plus de 300 fr. La commune ni
la fabrique ne lui ont rien donné pour cela, il a placé
au jardin de la cure pour 18 fr d'arbres pommiers nains.
1846
L'année a été pluvieuse et chaude, la
récolte s'annonçait très bien, mais elle a
été bien médiocre, excepté le foin qui a
été bien abondant, les pommes de terre ont pris la
maladie de l'année dernière et même plus fort,
car les pluies empêchent de les ramasser, dans le mois
d'octobre le 17, il a fait des pluies si fortes que tout a
été inondé, le ruisseau du Besson a
entraîné le pont de Louis, du Rinardou et celui de
Jarousse sur la rivière de la Beaume, et fait des
dégâts infinis, la Gagne aussi s'est
débordée fortement a changé son lit en plusieurs
endroits et a entraînée le pont de Veneyres sur la route
du Puy à Solignac, le tonnerre avait brûlé un
gerbier du fermier de M. La Tourette, au champ Pradevieille.
Au commencement d'octobre les demoiselles de l'instruction
du Puy sont venues habiter la maison d'assemblée de Solignac
donnée aux dites demoiselles par feu M. Margerit, curé
de Solignac il y a près de 100 ans, des béates
l'occupaient auparavant.
1847
Le grain fut très cher, le seigle fut vendu jusqu'à
7 fr la mesure ; On fit venir du grain de l'étranger ; On
commença la route de Solignac au Puy par la cote de Veneyres,
on fit le tracé de la route malgré quelques
oppositions.
1848
Tout était assez tranquille ; Le commerce allait fort bien,
l'argent abondait partout, mais le 28 ......... une révolte se
fit à Paris, le roi Philippe avec toute sa famille prit la
fuite, et s'en fut en Angleterre, un gouvernement provisoire s'empara
des affaires, toute confiance dans les affaires se perdit, la
pénurie d'argent se fit sentir partout, des barricades se
firent à Paris, puis des émeutes il y périt
beaucoup de monde, on établit le vote universel on nomma une
chambre constituante qui proclama une constitution et les troubles se
calmèrent un peu, mais les affaires n'allaient pas mieux.
Solignac fit construire le pont de la Gagne et traça
en entier le chemin qui passe pour aller au Puy ; Le Pape Pie IX
s'évada de Rome et se réfugia à ................
le royaume de Naples.
1849
Le gouvernement avait pour président Louis Napoléon
avec une chambre législative de 700 et tant d'hommes, on parla
des rouges et des blancs, tout le pays se trouva composé de
rouges et de blancs ; Parmi les rouges, le grand nombre
composé de vauriens, hommes tarés ruinés ou
mauvais vivants, le département de la Haute Loire nomma pour
députés tous les rouges, le canton de Solignac eu la
majorité pour les blancs, ce qui fâcha beaucoup les
rouges. Un journal intitulé "lami du peuple "
imprimé au Puy, au nom des rouges se répandit dans tout
le département, pour prôner les rouges et flétrir
les blancs, ce journal se recevait dans le bourg et formait une
espèce de club où se combinait tous les projets de
troubles.
Dans la paroisse on imagina de faire monter des gens à la
tribune des pénitents malgré le curé, le recteur
et la majeure partie des pénitents, on força le
portier, 2 ou 3 Dimanches, on s'insurgea contre Jarousse recteur des
pénitents, un dimanche du mois de 7bre après
vêpres, et quasi tout le bourg s'était levé
contre lui, on faillit à le battre et lui dit beaucoup
d'injures.
M. Badiou, alors maire de la commune prit son écharpe et se
plaça près du portier à la grand-messe, un
nommé Augustin Sigaud, dit "carlo", monta à la chapelle
des pénitents malgré la défense de M. Le maire
qui lui enjoignait, au nom de la Loi de descendre de la tribune, il
ne fut pas possible de le faire descendre ; M. Le maire dressa
procès verbal contre lui, le fit attacher par les gendarmes de
Costaros qui se trouvaient alors à Solignac et après
vêpres on l'achemina vers Costaros, mais à peine sorti
du bourg, un grand nombre de personnes se levèrent, femmes et
enfants assaillirent les gendarmes à coup de pierres et les
forcèrent à libérer le dit Sigaud.
Les gendarmes dressèrent procès verbal et quelques
jours après de 20 à 30 gendarmes arrivèrent
à la pointe du jour avec mandat d'arrêter quelques
individus ; Mais ils ne purent que saisir une femme, tous les autres
avaient pris la fuite, et pendant plus de quinze jours, presque la
moitié du bourg ne couchait pas à son lit.
Ceux contre lesquels les mandats d'arrêt avaient
été lancés se constituèrent prisonniers
au Puy, et y restèrent presque un mois avant d'être
jugés, les uns furent condamnés à 15 jours,
d'autres à un mois, et d'autres à deux mois de prison
et aux dépends ; On leur mit dans la tête ainsi qu'a
bien des personnes de la paroisse que c'était M. Le
curé qui les avait fait arrêter, qu'il était la
cause de tout et de là de murmurer des propos injurieux.
On fit des pétitions à Paris pour demander le
changement de curé, mais la grosse masse de la paroisse ne
prit point part à toutes ces intrigues, resta calme et
attaché à son devoir ; On fit la remarque que toute
cette intrigue était menée par des rouges
considérés comme des gens tarés qui ne
désiraient que le pillage, les mensonges étaient des
vérités pour eux et ils en faisaient bon
marché.
Ensuite de cela, le Sieur Chacornac, notaire et Augustin
Rome se mirent dans l'idée que Jarousse recteur des
pénitents, n'était pas légalement nommé
parce que ce n'était que M. Le curé qui l'avait
nommé comme tout le temps cela se faisait et
demandèrent à M. Le curé de faire faire une
élection de recteur et des autres employés de la
tribune, que la voix d'élection et cela de suite,
c'était le mois de janvier.
M. Le curé leur répondit qu'en venant à cette
paroisse il avait trouvé l'usage établi que
c'était M. Le curé qui faisait cette nomination, que
les pénitents l'avaient toujours engagé à le
faire et qu'en conséquence il ne changera pas cet usage, mais
que si Monseigneur l'Evêque jugeait à propos de le faire
par voie des pénitents, il ferait comme Monseigneur
l'Evêque le jugerait à propos. Alors ils
demandèrent permission d'aller le communiquer à sa
Grandeur, ce que M. Le curé leur permit volontier.
Alors ils brochèrent une pétition qu'ils
présentèrent à l'Evêque, Monseigneur
répondit à Chacornac notaire que puisque l'usage
était que le curé nommait le recteur et les autres
employés de la confrérie, il ne voyait pas que la
nomination du recteur actuel fut illégale, qu'il fallait la
laisser telle qu'elle était mais qu'à la trinité
prochaine, 1850 on pourrait procéder par la voie de suffrage,
et recommander expressément de se conformer bien exactement
dans tous les autres points de leurs statuts comme ils
désiraient le faire dans celui là.
Voilà que le nommé Augustin Rome se permit, sans
prévenir M. Le curé de donner connaissance à
tous les pénitents assemblés à la tribune
à la fin de la grand-messe, le chapelet étant dejas
commencé et ajoutait d'autres choses qui n'étaient pas
dans cette lettre, M. Le curé qui était à sa
place au chur entendant ces choses se lève de sa place
et levant la table de communion donne lecture du double de la lettre
que Monseigneur avait envoyé aux deux pétitionnaires et
dit que personne n'ayant le droit de porter la parole dans
l'église aux fidèles réunis, que lui
curé, il protestait et dénonçait ce fait
à l'autorité locale et protestait contre tout ce qu'on
pourrait dire ou faire, que dans l'église il avait ce droit
d'empêcher qui que ce fut de porter la parole aux
fidèles réunis à l'église.
M. Le juge de Paix en ayant connaissance écrivit au
procureur de la République qui lance un mandat d'arrêt
contre le dit Rome, et un bon matin, dans la semaine, les gendarmes
vinrent le prendre, le conduisirent par Bizac au Puy, en prison
où il resta 15 jours.
Les informations prises, il fut jugé en police
correctionnelle condamné à 16 fr d'amende et aux frais.
Tout cet hiver n'a été occupé que de tout ce
bruit en disant que M. Le curé était la cause de tout,
mais toutes les personnes qui savent raisonner et qui ont le bon sens
se moquaient de pareilles balivernes et se riaient de ces menteurs
hypocrites.
Le reste de l'année se passa à peu près
tranquille. L'élection du recteur se fit par les
pénitents, le dimanche de la Trinité, après
vêpres.
M. Le curé y procéda, les intriguants avaient
distribué des billets en grand nombre dans la paroisse, M. Le
curé les laissa parfaitement libres, et procéda au
dépouillement du scrutin, M. Pierre Bernard, de Chassilhac fut
élu recteur, Pierre Laurent de Mussic, vice recteur, Jean
Baptiste Perre du Chambon, fut élu trésorier, et ainsi
des autres employés.
La confrérie n'a pas été plus
édifiante, ni plus régulière ; On a
laissé monter à la tribune les mauvaises têtes
qui avaient refusé de payer par le passé leur
confrérie, on a permis à un certain nombre d'individus
de monter aussi pour passer pénitents ; On ne fit presque
jamais d'offices, et les affaires en sont là au commencement
de 1851.
L'année a été passable en
récolte, les pluies nuisirent aux seigles et aux regains au
moment de la récolte, les vivres sont à très bon
marché, le seigle de 1fr 30 le carton, l'orge de même,
le froment de 2 fr 50 à 3 fr, les pois 2 fr, l'avoine 1 f 25,
le bétail à bien bas prix, les cochons gras de 25
à 30 fr le quintal et tout le reste des denrées de
même.
Les terres ne trouvaient pas a être vendues, les
cultivateurs sont bien embarrassés de payer ce qu'ils doivent,
l'argent est très rare parmi eux, les dentelles faisaient
gagner les petites gens l'hiver et le printemps et même
l'été, surtout celles faites en laine, mais à la
fin de l'année, elles sont à bas prix.
Monseigneur l'Evêque vint donner la confirmation
après Pâques
1831
Le jubilé de 1830 a été publié en
France et accordé par Pie IX. L'Evêque du Puy,
Monseigneur de Morlon le publia par un mandement le mois de Xbre et
durant l'année entière chaque curé pouvait le
publier et l'ouvrir dans sa paroisse quand il le voulait, à
Solignac il fut ouvert par M. Le curé le 2ème dimanche
de janvier, 12 du mois et fut clos le dimanche 2ème jour de
février, il devait durer 30 jours.
M. Monnier, vicaire de Solignac et M. Cornillon vicaire de Cussac
vinrent prêcher la retraite de 8 jours et presque tout le monde
s'approcha des sacrements, tout a paru calmé
réconcilié ! depuis ce temps là.
Le carnaval, tout a été fort tranquille.
L'hiver qui avait été très bon en Xbre
et janvier est devenu bien rigoureux, tout le mois de février
la neige a constamment restée sur la terre et à la fin
de ce mois rien n'a germé, pas même les groseilliers. Le
mois de mai a été bien froid, l'année assez
variée de froid et de pluie, cependant la récolte a
été assez passable en tout.
Les vivres sont à très bas prix. Le numéraire
est bien rare et tout est dans la gêne.
Le 8 Xbre, le portail de l'église a été
reconstruit à neuf, en pierres de Denise selon le plan
dressé par M. Félix Pradier, du Puy, architecte, et
à la Saint Michel 29 du courant il a été
terminé, la porte n'est pas encore placée à la
Toussaint.
Cette année Monseigneur de Morlon, Evêque du Puy a
exigé dans les conférences que chaque curé lui
mit par écrit l'histoire de sa paroisse, son origine, sa
population, ses usages, ses murs.
Je la lui ai fait passer en extrayant les articles
renfermés dans le présent cahier que j'avais eu soin de
conserver depuis mon arrivée à la paroisse et que je
continue toujours chaque année.
1852
Cette année a été bien pluvieuse et peu
chaude, on a eu beaucoup de la peine à lever la récolte
qui a été assez abondante en tout, excepté de
foin, les pommes de terre ont été presque toutes
gâtées, on n'a pas eu la semence, les raisins aussi ont
été bien de la maladie, presque partout les vins sont
devenus rares et chers.
Lempire a été proclamé cette
année à la presque unanimité de toute la France
et les affaires ont pris un meilleur avenir, sans quoi tout
était aux abois.
On place ici copie du recensement de la paroisse.
Il a fait en même temps, le dénombrement des
habitants de la paroisse, a fait l'inventaire des bons livres de la
paroisse et a fait disparaître les mauvais, mais il n'en a
point trouvé. Cette quête a produit 80 fr, outre une
souscription qu'il avait ouverte en 1850. |