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Notes du curé Bonneton.

Notes de tout ce que j’ai trouvé dans les registres ou vieux papiers de la paroisse de Solignac, chef-lieu de canton. Ou de ce que j’ai appris de curieux de la part des anciens qui avaient au moins 80 ans.
 Les plus anciens registres de l’église datant de 1620, tenus par M. Etienne Roche de Solignac, prêtre et curé de la paroisse, il prit possession de cette cure le 29 juin 1620, et resta curé jusqu’en 1669 où il mourut le .. juin 1669, il parait qu’il était natif de Solignac.
Il succéda à M. Barthélémy, prêtre de Cussac, il était extrêmement exact à coucher sur les registres de la paroisse tous les événements tant soit peu remarquables, qui arrivaient à Solignac, dans la paroisse ou dans les environs.
Je vais en faire l’énumération, tel que je les ai vus dans les registres signés de sa main, il écrivait assez bien de son temps.


Le dix de juillet 1620, la pluie fit des dommages à prés de mille lieues de pays, et si les portes de la ville du Puy eussent été fermées, dit-il, toute la basse-ville se serait noyée ; C’était un orage de 2 ou 3 heures.
Le 23 juin 1620 fut enseveli en la chapelle St Jean, discret et vénérable homme, Messire Jacques Barthélémy, prêtre de Cussac et curé de Solignac.
Messire Vincent Bonnet, prêtre et vicaire de Notre-Dame de Solignac dit la messe, Messire Vidal Sigrand, prêtre et vicaire de la chapelle de St Jean des Chardonneaux fit le diacre, et Messire Etienne Roche, prêtre et curé de St Vincent de Solignac fit sous-diacre et le père Bernard, Jésuite fit l’oraison funèbre ; Il y avait une belle assemblée.
 Le 10 février 1621, Antoine Chaussende du Chier, en mourant, fit une fondation de dire Vêpres, le jour de St Antoine, 18 février
 Le 15 avril 1622 Pierre Eyraud, dit Trente de Consis fonda à perpétuité 5 sols, reçu Mathieu Berniaud du Brignon Notaire en 1662, M. Mourgues, prêtre de Solignac fut parrain, de même que frère Simon Mouton, religieux cloîtré en l’église de Solignac, le fut de son neveu Rouvier de la Borie, la même année Messire Mathieu Florit, prêtre de Solignac et curé de Coubon baptisa Jean Crouzet de la Balme ou Chatilhac ; Un nommé Barry était métayer de M. le Vicomte au château de la Balme ou Chatilhac.
 En 1623, le 18 avril, c’était la coutume ancienne de faire la procession à Notre-Dame du Puy, et à St Barthélémy ; Alors existait à Solignac, M. Jean Sigaud, docteur avocat en la sénéchaussée du Puy et lieutenant de la baronnie de Solignac. Mme son épouse était demoiselle Louise Jourdan ; Alors existait aussi M. Mathieu Florit, prêtre de Solignac et curé de Saint-Vosy de Bonnas du Puy, ainsi que M. Antoine Gerbier, prêtre de Cussac.
 Le 10 février 1624, il fit des éclairs et des tonnerres, avec tant de neige, le samedi, que les habitants du bourg vinrent finalement à cheval à la messe le dimanche
 Le 21 mai, il fit si grande pluie que de 10 ans on avait point vu la Loire si grande.
 Le 16 août 1624, jour de la fête de l’Assomption de la bienheureuse et bénite Vierge Marie, mère de Jésus-Christ, environ midi, se leva un temps terrible et épouvantable avec des éclairs et tonnerres les plus effroyables et épouvantables qu’on ait vu de la vie des vivants ; Après que nous eûmes fait la procession et eûmes dit les litanies de Notre-Dame, on commença vêpres, alors se leva un temps encore qu’il eut duré trois ou quatre heures auparavant, plus terrible et effroyable et comme on disait cette hymne de la Vierge,
Ave Maria Stella dei Mater Alma, il fit un tonnerre, le plus effroyable qu’on ait jamais ouï, alors la foudre ou feu du ciel tomba en quatre maisons à la Borie, qu’il n’y demeura rien ; A savoir la maison de M. Laurent Bellut, et à la maison de Messire Pierre Audier, prêtre de Solignac et de Pierre Veysseyre ensemble à la maison de Jacques Moutet de Solignac tout aussitôt, je soussigné étant bien accompagné d’autres qui entendirent l’office de Vêpres, je porte le Saint-Sacrement où le feu du ciel avait fait le mal, où Dieu grâces, le feu n’augmenta plus en avant, mais néanmoins, le temps fut plus terrible qu’au commencement, de sorte qu’on ne savait que faire, car jamais on ne vit faire tant de pluie que fit tout ce jour là, voire toute la nuit avec des éclairs et des tonnerres très épouvantables et forts, que dix neuf ans environ qu’elles avaient été brûlées, mais avec du feu du ciel, comme trois maisons au village d’Essenac, paroisse de Saint-Christophe, à la même heure, la même année, veille de Saint-Augustin il fit tant de mauvais temps que Mathieu Vallette, tailleur de la Borie, âgé de 86 ans n’avait jamais vu un tel tintamarre.
 Le 1er xbre 1625, la Loire devint si grande que tout le monde la regardait être plus grande que l’an 1552 où elle abattit les ponts de Coubon, de Goudet et autres.
 Le 10 janvier 1626, mourut Jeanne Veysseyre, veuve de Mathieu Cannilhiat de Collandre, âgée de 100 ans et plus ; Elle disait avoir vu sept curés de Solignac :

  1. le 1er Messire Rimoud , du Bouchet
  2. Messire Cherial
  3. Messire Deliques
  4. Messire Etienne
  5. Messire Dupperier
  6. Messire Jacques Barthélémy, prêtre de Cussac et curé de Solignac
  7. Et un Etienne Roche, curé actuel
    A cette époque, le Besson est dit de la paroisse du Brignon, maintenant à Claude Moulin.
 Le 25 juin, le tonnerre tomba au clocher et tua deux hommes, et en 1660, il avait tué aussi au clocher, trois hommes, le jour de Saint-Ursule.
 En Obre 1626, la Loire était fortement débordée et n’avait pas guère nuit.
 Le 2 janvier 1627, il fit des tonnerres, de la grêle, des éclairs, la grande cloche tomba sans se briser, ni faire du mal à personne.
 Le 3 janvier, même année, Jean de Brenat a dit sa première messe, il y avait bien du monde ; Simon de Brenat, son frère, fut son parrain et Laurence Chazotte, sa tante marraine.
 Le 5 juin même année mourut subitement Antoine Gerbier, prêtre de Mussic, il n’avait que 35 ans ; Il existait alors un Messire Jacques Veysseyre, prêtre de Solignac et vicaire de Saint-Julien-Chapteuil.
 Le 26 septembre Messire Mathieu Julien du Chier, et balif de Solignac donna en mourant 200 francs ; Les dix premières années, l’intérêt était pour répartition à l’église et ensuite au culte.
 Le 14 novembre aussi la populace enleva le bled d’un nommé Charreyre, et d’un grand du Puy, marchand ; On fit arrêter et pendre plusieurs, et Monsieur de Polignac sauva la vie à plusieurs des mutins et obtint leur grâce.
Le 22 janvier 1628, fut inhumé Claude Arnaud de la Borie, le jour de St Vincent patron de Solignac, le dit Arnaud fut estimé homme de bien, car, en l’année 1590, que la ville de Solignac, son fort et son château furent pillés, il se trouva par bon rencontre, que le dit Messire Arnaud se trouva luminier de la dite église.
Où par sa sagesse et prudence, il sauva : Huit calices d’argent avec deux patènes dorées. Ensemble deux croix d’argent dorées, avec plusieurs pierres précieuses attachées à la petite croix, trois custodes d’argent et un couvert en une d’icelle, et d’azur et cristal.Le reliquaire de St Vincent qui est d’argent.Deux paires de burettes d’argent.Deux chandeliers.Un gobelet d’argent pour donner à boire aux communiants.Et plusieurs autres reliquaires garnis d’argent et d’or, qu’il garda, lesquels il cacha et mis secrètement dans un chier et clapier de pierres où près d’icelles il veilla plusieurs nuits, de peur et crainte qu’il avait de perdre le trésor de la dite église ; Il disait qu’il les avait mises dans un caveau, où les rats mangeraient le caveau sans faire autre mal ; Le dit Arnaud avait 80 ans passés.    Le 7 avril, la foudre tomba à l’église Notre-Dame du Puy
 Le 3 mai, mourut discret et vénérable homme, Frère André Rome de la Borie, âgé de 82 ans, il a fait une belle mort, parce qu’il avait bien vécu, le dit Frère Rome avait dit à Messire Roche curé, que quatre calices d’argent doré, le tout perdu et une croix d’argent dorée : Un à Solignac, ensemble la croix ; L’autre, à Rachiat, l’autre à Vorey et l’autre à Saint-Garmain.
 Le 6 juin, le feu du ciel tomba une heure après midi sur une maison de Tarreyres appartenant à Bergon, de là passa à d’autres, de sorte qu’il y a eu dix de brûlées.
En cette année un nommé Messire Jacques Rome, prêtre de Solignac et curé de Saint-Préjet de Séneujols étant parrain, Messire Jacques Aulanier et Mademoiselle Luquet femme de maître Martin, notaire royal et rentier de Solignac, furent parrain d’Antoine Chaishoste de Solignac.
 Le 28 8bre la peste étant à Cussac, les enfants de Tarreyres étaient baptisés à Solignac ; Notre curé que le 1er jour de novembre, l’an mille six cent vint neuf, la contagion était si grande, non seulement à la ville du Puy, mais au pays du Velay, que c’était une chose effroyable et très épouvantable, principalement à St-Julien-Chapteuil, où il en est mort quatre ou cinq cents, ou environ ; Au village du Brignon, au village de Mussic ou de Cussac, Charentus et Coubon et en foi de quoi je me suis sous soussigné Roche curé.
 D’après la texture des registres, la peste dura deux ans près ; Des gens de Mussic avaient retiré quelqu’un de leurs amis pestiférés du Puy, on les avait mis à quelque cabane du bois des Cotes, et malgré leurs précautions, ils prirent la maladie, elle se répandit dans les villages de la paroisse, il mourut beaucoup de monde, on en enterrait plusieurs le long du chemin de l’église, partout là où il y avait des croix plantées, tels qu’à Concis, Chasilhac, Colandre et Mussic, enfin un Messire Roche, curé, célébra la Sainte Messe du dimanche, en plein air.
On fit un cimetière au Marchedial, pour enterrer tous les pestiférés. Les portes de la ville étaient gardées, il parait que la peste ne pénétra pas dans la ville de Solignac, vu les précautions qu’on prenait, de garder exactement, mais elle fut jusqu’à la Loire, et Messire Roche dit que l’herbe poussait dans les rues du Puy comme dans un pré, tout le monde avait quitté la ville.
 Le 30 xbre la contagion était au lieu de la Loire.
 En 1630, Messire Roche marque le 22 janvier, fête de la St-Vincent patron de l’église de Solignac, en ce temps là les commissaires furent reçus à la ville du Puy pour l’imposition des deniers du roi.
 En avril 1632, M. Roche, curé de Solignac fut parrain d’Etienne Chambon fils d’Etienne et Marie Gerbier, avec Isabeau Roche, fille de feu Jacques Roche de Solignac et furent présents M. Mouton, religieux cloîtré de Solignac ; M. Vincent Bonnet, prêtre et vicaire de la vicairie de Notre-Dame de Solignac, Pierre Audier aussi, prêtre et vicaire de la vicairie St Jean des Chardonneaux.
Maître Jean Sigaud docteur en droit et lieutenant de la baronnie de Solignac et M. Boudinhon, notaire royal et greffier de la baronnie, Jacques Chaussendier, notaire royal, M. Luquet, chanoine de l’église cathédrale Notre-Dame du Puy soussigné et M. Mourgue, prêtre.
 En 1633, existait Toussaint du Payen, praticien de Solignac et rentier de M. Les révérends pères Jésuites du Puy ; Alors existait M. Charles Obrier, prêtre de Solignac et curé de Cussac.
Cette année le grand Jubilé de Notre-Dame du Puy eut lieu le 25 mars, dans ce temps là le domaine de Nirande, alors paroisse de Solignac appartenait à M. De la Roche, et André Chabrand demeurant avec M. Le Vicomte de Polignac fut parrain de Marguerite Queyrele de Mussic et M. Chabrand, curé du Brignon était présent.
On marque le 25 septembre le jour de la St Loup, un Sieur de Brenat est curé de Coubon.
 En 1634, Claude Barry habite le château de la Balme, M. Vincent Bonnet prêtre et vicaire de la chapellerie Notre-Dame de Solignac.
 Le 4 avril 1635 Antoine Martin et sa femme Marie Laquet sont receveurs de M. Le Vicomte de Polignac et M. Pierre Audier prêtre et vicaire de St Jean des Chardonneaux de Solignac.
 Le mois de mars 1636, le jour de Pâques il y avait à Solignac une compagnie de gens de guerre arrivée ce jour là après vêpres, jamais on avait vu tant de gens de guerre au pays de Solignac, Messire Charles Obrier, prêtre de Solignac, curé de St Sulpice de Cussac et M. Antoine Veysseyre est curé de St Vidal.
 En 1642, Guillaume Benoit était geôlier des prisons de Solignac.
 En 1633, M. Roche Limagne de Cherac est rentier de la métairie des Jésuites du Puy, à Mussic.
 En 1633, le dimanche 27 août, fête du reinage de St Barthélemy à Solignac à cette époque, M. Allegre de la Balme, prêtre, signe vicaire de Solignac, le lundi fête de St Mathieu apôtre, il passait dix ou douze mille chevaliers qui venaient d’Auvergne, ils faisaient mille maux aux lieux où ils passaient, ceux de la ville du Puy en prirent deux qui se firent mal et les voulaient condamner à mort, mais le capitaine envoya au roi et furent délivrés.
 Le 17 février 1664, il fit plusieurs tonnerres en sortant des vêpres du dimanche et des éclairs, toute la semaine il y eut beaucoup de maladies et autres choses terribles et épouvantables, alors M. Allegre signe comme présent aux actes avec M. Roche curé.
 En 1665, un Blaise Nogier est fermier de la métairie de M. Jean Bellut de Chassilhac, alors naquit un enfant illégitime, c’est le premier que je trouve dans les registres depuis 1620, un deuxième naquit la même année.
 En 1666, le reinage de St Barthélémy était le 29 août, le mois d’Obre les grands jurés sont rentrés dans la ville du Puy de sorte qu’ils exercent une terrible justice contre la noblesse, les gens de justice et tout autres, principalement aux meurtriers et gens de mauvaise vie.
Le 6 Obre, les grands jurés étaient dans la ville du Puy où ils firent pendre plusieurs et roués six ou sept personnes et principalement un procureur de Craponne, le jour de St Vosy, le 12 Nbre où toute la cour de la sénéchaussée y était, ce que jamais en la ville il n'était arrivé.
Le 4 décembre, le grand juré de la chambre ardente s’en sont allés à Nîmes avec beaucoup de prisonniers.
 En 1668, naquit un bâtard de Marie Brenas, il parait que tous ces chevaliers ou gens de guerre avaient gâté les mœurs.
 En 1669, le dimanche 25 janvier Fête de l'indulgence de St Vincent, j’ignore ce qu’elle est devenue.
On trouve dans les registres qu'un M. Roche portait la procession à Allegre à la Trinité et autres lieux, il n’en dit pas la cause ni l’origine, c’est peut-être depuis la peste.
Il dit que le dimanche 5ème jour du mois d’août après avoir dit la Sainte Messe il partit avec les luminaires et furent à la Sainte Trinité où ils furent bien reçus par les révérends pères de la Sainte Trinité et comte de Brioude, qu’ils couchèrent au village de Berbézit et vinrent à Notre-Dame de la pitié d’Allègre, et rapporte les curiosités qu’il a vues, les repas qu’il a faits et enfin bien des détails qui paraîtraient minutieux aux mœurs de 1626.
Dans les enterrements, très souvent, il faisait l’éloge des morts.
D’après les registres il y avait beaucoup de gens d’une rare piété, si ces morts revenaient parmi nous, ils nous accableraient de honte et de reproches, car à peine de nos jours peut on présumer que parmi tous les morts de l’année, un seul a fait une bonne mort !!!!!.
 En 1669, M. Etienne Roche curé mourut après 49 ans de cure, et M. Mathieu Allegre, prêtre des Moulins de la Beaume qu’on appelle aujourd’hui Fatou ou les piles de Beauzac, lui succéda à la cure de Solignac dont il jouit 33 ans et 7 mois environ.
 En 1703, M. Mathieu Allegre se démit de sa cure en faveur de M. André Allegre, prêtre des Moulins de la Beaume ou les piles de Beauzac proche parent sans doute du dit Mathieu Allegre, puisqu’ils sont originaires de la même maison, ce M. André Allegre se mit en possession de la cure de Solignac, le 3 mars 1703.
Il mourut à l’âge de 38 ans et 2 mois. M. Flandre était alors vicaire de Solignac le 5 juillet 1714. Ces deux Messieurs Allegre n’ont laissé aucune note dans les registres, leur écriture est un peu illisible.
 Le 22 avril 1716, Messire Marcon est signé aux registres, curé de Solignac, je ne sais d’où il était, il mourut le 9 mars 1726.
M. Flandre était encore vicaire de Solignac à cette époque, M. Marcon n’a laissé aucun souvenir de son temps.
 Le 11 mars 1726, M. Tempere pris possession de la cure de Solignac il était originaire de la paroisse de Rosière dans l’Emblavès ; Il a laissé les notes suivantes :
 Le 2 août, la foudre tomba sur le clocher de Solignac.
Le 4 Août 1731, M. Claude Flandre, prêtre et vicaire de Solignac, âgé de 56 ans mourut, il avait été longtemps vicaire de la paroisse, alors il existait un M. Alexandre Beauzac d’Agizoux, prêtre et cloîtré à Solignac, j’ignore ce que c’était cette place de cloîtré, il peut se faire que cela vienne encore du couvent qui était derrière l’église, que le cadastre de M. Constant appelé Chazal vacant, où était jadis la maison claustrale.
 Le 22 février 1739, la croix de pierre de cimetière fut plantée par les Jésuites qui faisaient une mission à Solignac, cette croix vint de Blavozy et coûta 24 francs, les autres frais 36 francs ; Elle avait 15 pieds de haut sans compter le siège.
M. le vicaire était alors M. Bilhot, M. Tempere, curé, cette croix vite abattue par les révolutionnaires de 1793, et M. Chanut, curé, la fit rétablir en 1815 ou 16.
 Le 29 mai 1742 mourut M. Jean Bonneton de Concis sous diacre âgé de 22 ans, fils de Vital Bonneton et Jeanne Bertrand. M. le vicaire était alors un Messire Gaigne prêtre de Chacornac paroisse de Cayres qui est mort curé de Saint Préjet de Séneujols, on dit qu’en parlant à ses paroissiens il leur disait, "je m'en décharge et en charge vos consciences ".
 Le tableau et le retable de Notre-Dame du Rosaire ont été mis en place à neuf le 24 décembre 1743, le tout a coûté 82 francs, sans compter les menues dépenses, le retable 46 francs et le tableau 36 livres, cela par M. Tempere curé.
 Le 27 août 1741, 4ème dimanche du dit mois, fête baladoire ou reinage de Solignac, deux hommes âges de 24 ans, furent tués d'un coup de pistolet à cinq heures du soir dans le cabaret, à la maison de M. de Sinzelles.
 A Noël, en 1743, parut une comète durant six semaines et le public croyait que c'était l'annonce de quelque fléau.
Le 6 8bre 1743, mourut M. Pierre Tempere curé de Solignac après 19 ans et trois mois de cure. M. Barthélémy prêtre de Solignac était alors cloîtrier et M. Gaigne vicaire.
 Le 4 Sbre 1743, M. Margerit signe comme curé de Solignac ; M. Margerit originaire de Rosières dans l'Emblaves, pays de M. Tempere, il n'est pas dit qu'ils fussent parents ; Les anciens m'ont dit qu'il se faisait bien craindre et respecter, il commandait en maître dans la paroisse.
C'est lui qui fit bâtir la maison d'assemblée de Solignac et la donnât en mourant à Mlle Chabertes de l'instruction du Puy, que m'a dit feu Mlle Senicrose, supérieure de l'instruction.
 En 1760 il avait fait planter les arbres du Taurus et ceux du rivage derrière la maison de M. de Sinzelle vendu par Maurice de Veyrac à Baptiste Chantemesse dit Simon, on dit que M. Margerit était si absolu, que personne ne lui résistait.
 En 1752, M. Margerit n'ayant pu découvrir si la confrérie du Rosaire était établie à la paroisse de Solignac obtint des supérieurs ecclésiastiques la permission de l'ériger et l'érigea en effet en 1752.
 M. Solvery, prêtre du Chier fut vicaire de Solignac le 4 Nbre 1753.
La même année, le 30 décembre Vincent Bonneton, dit Bidou de Concis mourut sans enfants et fit du bien à l'église de Solignac entre autres choses il donnât à M. Margerit curé le pré du Mas possédé aujourd'hui par Messire Baptiste Chantemesse dit Simon que celui-ci a acheté de Jean Trevets, il donna celui-ci en rente de fondation annuelle de 37 francs. Par feu M. Margerit, la rente existe, mais personne ne la paye en 1823.
 Le 4 octobre 1754 mourut Jean Bauzac âgé de 40 ans, mari de Marguerite Rousset par suite des brûlures qu'il éprouva à l'incendie de sa maison qui fut accompagné de la destruction de plusieurs autres maisons de ce village.
 Le 18 juin 1764. M. de Beget doyen de la cathédrale du Puy bénit deux cloches de Solignac.
La petite pesant 240 Livres et la grosse pesant 30 quintaux ; Elles sont au clocher encore toutes les deux.
M. de Veyrac fut parrain et Madame Roche Dugone du Chier, marraine.
M. Margerit était curé et M. Solvery vicaire.
 Le 4 Sbre 1770, M. Solvery prit possession de la cure de Solignac, il parait que ce M. Margerit relégua la cure à M. Solvery.
M. Margerit décédé à Solignac, le 9 août 1773, est enterré prés de l'autel de Notre-Dame, âgé de 66 ans 3 mois.
Les anciens de la paroisse m'ont dit qu'il s'était retiré au Puy, mais qu'il est enterré dans l'église de Solignac.
C'est M. Margerit qui fit abattre une espèce de chapelle ou tribune qui existait sur la chapelle de la Sainte-Vierge, et fit construire ce double gradin en pierre de Blavozy qui est à la table de communion.
Les anciens disent qu'autant M. Margerit aimait les réparations et les entreprises autant M. Solvery les aimait peu.
 Le 11 août 1771, se noya au gouffre de la Loire deux jeunes gens de Solignac.
 En 1772, M. Montagnac de St Christophe est vicaire de Solignac.
 Le 14 Sbre 1773 mourut à Solignac M. André Montagnac vicaire et le 7 9bre suivant, un nouveau prêtre du Puy le remplaça.
La petite vérole tua 20 enfants depuis le 18 8bre 1779 jusqu'au 14 janvier suivant.
 Le 7 Obre 1782 mourut Antonin Barthélémy prêtre cloîtrier de Solignac âgé de 73 ans, il était parent de la famille vulgairement appelée Lisabeau parce que Elisabeth s'y était mariée et a été son héritière, ce Monsieur faisait l'école à quelques enfants et on dit qu'il tenait bien la police à l'église durant les offices divins.
 Le 10 août 1783, mourut Jean André Reynard prêtre d'Agizoux de la maison qu'on appelle aujourd'hui Eyraud, sa nièce fut son héritière.
 En 1784, M. Pierre Veron prêtre de Rochombert paroisse de Lantriac et à présent curé de Cussac figure au registre comme vicaire et M. Nogier frère du ci-devant signe comme cloîtrier, c'est le dernier cloîtrier parce que les bénéfices ecclésiastiques n'existent plus depuis la révolution, il est curé à Vazeille en Gévaudan, canton de Saugues.
 La mission à été donnée par les missionnaires de Ste Colombe. M. Vazailles, M. Martinal et M. Giraud. Elle commença le 9 janvier 1780 et dura l'espace de quatre semaines.
M. Solvery était curé ; On ne planta point de croix, on se contenta de faire regratter ou rafraîchir celle de la place, depuis ce temps là il y en a pas eu.
 Le 9 juin samedi de la Trinité 1781, 7 sujets de la paroisse de Solignac ont reçu les saints ordres ; Savoir :
M. Etienne Reynard neveu de Solvery, vicaire du Brignon et actuellement curé de Bains.
M. Rome curé constitutionnel de Beauzac, marié avec une nommée Duplan et décédé en fin 1821, secrétaire du juge de paix du canton de Solignac.
Et M. Bossi décédé, curé de Loudes reçurent la prêtrise
M. Beauzac et M. Bossi le sous diaconat
M. Jarousse et M. Bossi les ordres mineurs.
La famille Bossi était une ancienne maison de Solignac, ils étaient notaires, très religieux et bons chrétiens, cette famille existe encore à Cromace paroisse de St Martin de Fugères.
 Le 10 Nbre 1792 et l'an premier de la République, M. Beauzac d'Agizoux, étant maire, vint prendre les registres de M. Solvery curé, par ordre du gouvernement républicain et c'est de là que date la tenue de l'état civil, jusque là les registres des curés faisaient foi en justice et partout ailleurs.
Mais depuis 1792 les notes de l'état civil seules font foi. Les registres de Messieurs les curés ne se tiennent que pour obéir à Monseigneur l'Evêque qui en reçoit un double à son secrétariat.
 Ici commence l'histoire de la fameuse révolution Française si fertile en crimes et en abominations, quelle sera incroyable pour la postérité.
 Je n'étais alors qu'un enfant de 7 à 8 ans, restant avec mes chers parents dans un village, loin de tous chefs-lieux. Je me suis trouvé assez heureux de ne point voir toutes ses infamies, je ne les ai apprises que par le récit des victimes ou les auteurs de ces désastres impossibles a décrire pour moi.
 L'histoire ne manquera pas de les rendre fidèlement je me contenterais de dire ce que j'ai appris ou vu relativement à nos pays, mais bien imparfait.
D'abord on tint des assemblées de notables, les partis se formèrent, on demanda au clergé de France un serment de fidélité à une loi dite "constitution civile du clergé ".
Un certain nombre prêtèrent ce serment, et un grand nombre le refusa parce que le pape
Pie VI avait condamné ce serment et tous ceux qui y adhéraient.
 Les têtes s'échauffèrent, le roi Louis XVI est emprisonné avec toute sa famille, on le juge publiquement, quoique innocent, il est exécuté par les bourreaux, par l'instrument appelé "guillotine ", inventé par un nommé Guillou.
Quelque temps après, la Reine Marie Antoinette et sa belle-sœur Elisabeth subirent le même sort, on déclare la France république, la guerre s'allume au-dehors de tout coté, au-dedans les proscriptions se font de toute part, la noblesse est proscrite, les censives abolies, les châteaux brûlés, les prêtres qui avaient prêté le serment sont placés et reçoivent des pensions, les communautés d'hommes et de femmes dissoutes, un grand nombre de religieux firent le serment, les biens des couvents et d'église vendue au profit de la nation.
On fabrique des papiers appelés assignats qui devinrent si communs qu'à la fin 1000 Francs ne valaient plus un sol.
 Les prêtres insermentés, où tout ecclésiastique de même, furent chassés de leurs places et on y mit des assermentés pour intrus.
Les peuples ne voulaient pas les reconnaître, on conduisait par force les gens à la messe, on mettait en prison ou à l'amende ceux qui refusaient, on levait des détachements pour aller briguander de coté et d'autre et toujours le mal allait croissant.
On inventa la semaine de dix jours et on compta ainsi : Primidi, Duvidi, Trediti, Quartidi, Quintidi, Sextidi, Septidi, Octidi, Nonidi, Décadi, qui était le jour du repos, sous peine d'amende, et le dimanche il fallait travailler pour les mêmes peines.
L'année commençait le 22 7bre, les mois étaient de 30 jours justes et on comptait ainsi :
Vendémiaire, Brumaire, Frumaire, Vive, Pluviose, Ventose, Germinal, Floréal, Prurial, Messidor, Thermidor, Fructidor, et les 5 jours complémentaires ou des sans culotides.
 L'injustice était à son comble mais encore plus de libertinage, les filles qui avaient des bâtards garçons reçurent une pension du gouvernement, les sentinelles des prisons se mettaient toutes et même d'autres individus pour célébrer les jours sans culotides.
On prêcha dans les églises des infamies, entre autres à Solignac un nommé Rome Notaire dit publiquement en chaire qu'autrefois c'était la chaire des mensonges mais qu'a présent c'est la chaire de vérité.
On dansait dans l'église au son du tambour, on abattit les cloches et les églises furent pillées, les images et tableaux pieux brûlés ; On planta des arbres qu'on appelait de la liberté ou de l'égalité ; On y faisait des farandoles et des orgies, les gens en avaient perdu la tête, en un mot je n'en finirai pas.
On tenait des assemblées appelées clubs où tous les mauvais sujets placés surveillants dans chaque endroit, venaient dénoncer qui ils voulaient, et alors les arrestations, les amendes, les emprisonnements et les exécutions.
La guillotine était en permanence au Puy, après les factions se supplantaient les unes les autres et, celle du fameux Robespierre fit un mal infini, tout un honnête et chrétienne aurait péri en France si ce monstre eut existé encore quelque temps de plus.
On porta la corruption et l'aveuglement au point qu'un fils entra au club à Paris en portant à la cime d'une pique la tête de son propre père, on lui fit une mention honorable, et au Puy, on porta publiquement en procession une fille pour déesse de la raison et à Solignac quelques individus disaient ouvertement que le Bon Dieu était trop vieux et qu'il avait assez gouverné, il en fallait un plus jeune, mais je m'oublie, je viens à mon sujet qui est l'histoire des curés et vicaires de la paroisse de Solignac.
 Lors de toute cette bagarre, M. Solvery comme sexagénaire fut reclus, à St Maurice au Puy avec ceux de son âge, aujourd'hui les Dames de la Visitation y sont établies. M.Verron, vicaire tacha là où il put de donnait un peu ses soins à la paroisse, M. Duchamp vicaire de N. Dame du Puy était l'intrus de Solignac.
Les ecclésiastiques âgés de moins de 60 ans étaient cherchés partout comme des bêtes fauves, certains émigrèrent de France et ceux qui restèrent dans leur pays eurent bien à souffrir.
On donnait une récompense à ceux qui les traduisaient et on condamnait à mort ceux qui leur donnaient asile.
Dans ce temps là, il y avait M. L'Abbé Beauzac, aujourd'hui chanoine et grand pénitencier de la Cathédrale qui ayant été prendre la messe à St Maurice en Suisse où s'était réfugié Monseigneur de Galard, évêque du Puy, était rentré en France et se cachait comme il pouvait dans les environs, chez les curés ; Il arriva une nuit chez ses parents à Agizoux et y coucha, dit la messe et se croyait en sûreté, mais malheureusement quelque surveillant en eu vent, on prétend que c'était les Combaralis, la maison Beauzac fut dénoncée comme réfractaire et suspecte.
La gendarmerie arrive, on réunit les habitants de la paroisse et les Romes à la tête qui dans ce temps là faisaient trembler le pays pour leur zèle révolutionnaire, on alla investir la maison Beauzac un beau matin, on fouille tous les coins de la maison, le pauvre abbé Beauzac n'eut que le temps de se mettre promptement dans une cachette et son frère Alexandre qui se cachait comme conscrit n'eut que le temps de s'évader tout en chemise par quelque jardin du voisin ; Les autres membres de la famille s'évadèrent comme ils purent et furent obligés de se cacher longtemps dans les bois, Marguerite Audier, mère de M. L'abbé fut la seule personne qui resta entre les mains de cette brigandaille.
On la garrotte, on la conduit aux prisons du Puy, et d'après un procès-verbal dressé à Agizoux par-devant J.J.Rome, notaire de Solignac alors juge de Paix qui déclarait qu'on avait trouvé un lit tout chaud et des ornements d'église dans la maison Beauzac, ce qui faisait présumer la présence de M. L'abbé Beauzac dans cette maison, elle fut condamnée et exécutée à mort par la guillotine au Martouret, fut-il jamais pareille cruauté : Une mère, être condamnée à mort pour avoir donné asile à son enfant ! . On n'avait pas même des preuves puisque M. L'abbé ne fut pas trouvé dans la cachette.
On apposa les scellés à la maison et lui était dedans, des braves voisins lui prêtèrent la main pour le faire sortir, quand tous ces brigands furent partis.
 Il existait alors à Solignac, un nommé J.J.Rome géomètre et homme d'affaire de M. Veyrac ; Il donna fortement dans la révolution il avait 5 garçons qui le surpassèrent en fureur dans ce parti, deux étaient prêtres à l'époque de la révolution, firent le serment, se marièrent et vinrent faire des farandoles à Solignac publiquement avec leurs femmes et enfants, le scandale fut à son comble, ces 5 individus faisaient trembler non seulement Solignac, mais tout le canton. En 1821, dans l'espace de deux ans ou 18 mois il en est mort quatre assez tristement et le 5éme habite Monistrol et vit encore en 1826.
 Solignac avait un beau clocher garni de 6 cloches, la flèche fut abattue par les révolutionnaires, on ne laisse que 2 cloches, l'intérieur de l'église fut tout renversé, la sacristie pillée et expoliée, les images et statues brûlées ; En un mot c'était pire que les vandales.
Enfin le respectable M. Solvery sortit de la révolution et vint prendre soin de sa paroisse conjointement avec M. Veron, son vicaire, mais ils étaient obligés de se cacher de temps à autre en faisant leurs fonctions en cachette, ils s'habillaient en laïcs et ne disaient la Messe que dans les granges ou dans les écuries. L'église leur était défendue.
M. Solvery disait en parlant de la révolution que la révolution avait enlevée à l'église de Solignac plus de 6.000 Fr, cependant le général Bonaparte s'empara des rênes du gouvernement après avoir fait un concordat avec le Pape Pie VII, il pacifia un peu les affaires de l'église. Des évêques furent nommés, et M. Solvery fut confirmé curé de Solignac, et M.Veron resta son vicaire.
 Monseigneur l'Evêque était alors M. De Belmont évêque de St Flour dont le diocèse du Puy faisait partie depuis ce concordat, mais en 1820, ce diocèse a été rétabli.
 Le 2 juin 1805 mourut M. Mathieu Solvery, curé de Solignac prêtre du lieu du Chier de la maison vulgairement appelée Louberni, aujourd'hui Reynard, âgé de 78 ans M. Veron était alors vicaire.
M. Solvery d'après le dire de ceux qui l'ont connu était très instruit, plein de capacité et de savoir, de mœurs irréprochables, très édifiant, portant la douceur et la patience aussi loin que possible, mais il exista dans des temps fort difficiles, il fut obligé de voir bien des scandales et des désordres dans la paroisse, il ne pouvait qu'en gémir en souffrant pour l'amour de Dieu, il était généralement estimé et respecté, non seulement de ses paroissiens, même des mauvais sujets mais encore de tout le voisinage, ses confrères le regardaient comme un oracle et le consultaient très souvent.
 Le mois d'août 1813, M. Guillaume Bertrand curé s'étant transporté au Puy pour faire des remèdes y mourut et son corps fut inhumé au cimetière de Solignac d'après ses volontés, il était âgé de 60 ans, ses vicaires à Solignac furent successivement :
M. Titoulet, prêtre de Tence, M. Cortial, prêtre du Puy aujourd'hui curé de Borne,
M. Ménabé, prêtre de Fleurac, paroisse du Brignon aujourd'hui curé de St Arcon de Barges.
 Solignac n'avait point de presbytère, les curés étaient locataires de la maison Sinzelle acquise de M. De Veyrac par Baptiste Chantemesse mon aubergiste ; M. Bertrant fit abattre la maison du prieuré qui était où est le jardin de la cure et fit bâtir la maison presbytérale avec la vicairie, il se chargea de tout le travail moyennant 2.000 fr. que la paroisse lui donna, cela lui donna beaucoup de fatigue, d'embarras et de dépenses, mais il aimait cela.
M. Bertrand était grand prédicateur très décidé dans les affaires et fort entreprenant, il ne craignait pas de se montrer, la mort l'enleva trop tôt, curé il aimait bien faire d'autres choses pour la paroisse, vu son humeur entreprenante.
 Le 8 août 1813, M. Etienne Chanut, prêtre du Puy desservant de Borne arriva comme curé de Solignac et eut successivement comme vicaires :
M. Ménabé, M. Malescot prêtre du Brignon, ce dernier aujourd'hui curé de Fay le Froid, c'était un homme d'une grande douceur, ayant bien la confiance de ses paroissiens ; Mais il était tout maladif, de manière qu'il n'entreprit rien d'important dans la paroisse.
On raconte qu'il disait souvent "j’ai fait une sottise de quitter Borne pour venir à Solignac dans mes vieux jours ".
Ce Monsieur eut de grandes discussions avec une nommée Magdeleine Rome Camargan fille dévote, faisant l'école chez elle au détriment de l'assemblée, malgré la défense de M. Chanut, ce Monsieur en mourut de chagrin car l'autorité civile d'alors donnât à cette entêtée gain de cause ; On rapporte que M. Chanut en mourant dit à elle même présente :
" Vous êtes cause de ma mort, ne faite pas souffrir mes successeurs comme vous m'avez fait souffrir ".
 Le 14 février 1820 décéda M. Etienne Chanut, âgé de 68 ans, M. Malescot étant vicaire de la paroisse.
 Le 15 juin 1820, M. Jean-Pierre Bonneton, prêtre de Chaudeyrac, paroisse de Cayres, pris possession de la cure de Solignac ; Il était vicaire à Coubon où il était resté 4 ans et auparavant vicaire à Saint-Didier-la-Séauve prés Firminy, ayant pris la messe à Clermont-Ferrand en arrivant à la paroisse il trouva beaucoup de réparations a faire et il commença par faire blanchir l'église à l'intérieur et cela coûta prés de 200 fr et de la chaux, pour 40 fr, les paroissiens on fait toutes les corvées gratis.
 Le 14 février on paya à un nommé Testud du Béage 300 fr pour la façon, fournitures et dorure du maître-autel de l'église, le Christ de procession de l'assemblée coûta 20 fr, Le 15 mars 1824, le marbrage du maître-autel, façon et fournitures fut payé à J.J Mirmand, menuisier de Concis - 62 fr.10.
 le 10 avril 1823, le même jour, Pierre Mirmand fit les banquettes et la boiserie du chœur de l'église jusqu'à la porte de la sacristie et la place du célébrant, et fournitures, en tout on lui paya 194 fr.
 Le 26 juin 1825, on paya pour bâtisse des éperons derrière l'église, au même Mirmand 72 fr et les journaliers qui lui aidaient 23 fr.
 En 1824, on planta les arbres derrière la cure au chemin de l'église, André Delherm Dourson clerc de l'église les planta, toutes ses dépenses étaient faites par M. Le curé Bonneton qui avait obtenu des fonds du gouvernement par l'entreprise Calemard de la Fayette procureur du roi et ensuite député en 1825.
 Le 29 mai 1824, Monseigneur de Bonald, évêque du Puy, accompagné de M. Bonhomme son secrétaire et de M. Demalhet, son grand vicaire qui est aujourd'hui évêque de Tulle, donna à Solignac la confirmation en faisant sa visite pastorale à 60 personnes de Solignac, 30 de Cussac et à 20 du Brignon, on lui fit beaucoup d'honneur et l'église était pleine de monde, il coucha à la cure.
 En 1824, Rose Abrial, du Chier et Magdeleine Laurent du Monastier achetèrent 7.000 fr à un paroissien la maison du Monteil et y ont établi une communauté de St Joseph, elles prirent l'habit avec d'autres à la St André de 1824 des mains de M. Issartel, chanoine et supérieur général des religieuses du diocèse, un jour de dimanche où il y avait beaucoup de monde des environs, même plusieurs prêtres. Le mois de mai, Pierre Sigaud, dit Carlo, fouilla le terrain derrière l'église et on lui paya 22 fr.
 En 1825 et 26, les arbres derrière la cure et devant son jardin furent plantés par M. Le curé, la cure fut crépie et blanchie par M. Le curé, en 1825 et 26 le toit fut réparé et les poutres posées en 1826, les arbres du toit coûtèrent 64 fr, la chaux 40 fr y compris le mur du nord du jardin, les journées à Mirmand 100 fr, et aux manœuvres 30 fr.
 Le premier dimanche de l'Avent de 1826 l'ouverture du jubilé ad instar accordé par Léon XII eut lieu dans tout le diocèse de la Haute Loire et finit au 3 juin 1827.
Les exercices durèrent 6 semaines, commencèrent le 2éme dimanche de l'Avent, et fini le 2éme dimanche de janvier, le 2 du dit mois on fit les quinze jours de stations en procession de l'église à la croix du cimetière, de là à celle de la place et à la croix de Gagne, il y avait instruction le dimanche, mardi et vendredi avant la procession et une retraite la dernière semaine, instruction matin et soir ; Il y eut beaucoup de monde et d'empressement de la part des paroissiens quoiqu’il n'y eut que M. Le curé et M. Pochon vicaire, presque tout le monde fit des confessions générales et témoignait grand désir de se corriger et de se convertir.
 L'année 1826 fut assez bonne, mais depuis la Toussaint jusqu'à la fin décembre, il y eut beaucoup de pluie et froid, on ne put vaquer à aucun travail rural.
 Le 8 9bre de 1826, Rose Abrial, la Laurent, et la Chaussende firent profession, et la Mirmand de Concis, la Vesseyre de Mussic, l'Abrial du Chier et la Solheilac de Couteaux prirent l'habit des mains de M. Le curé, le nombre de convives avait rempli toute la grande salle, on y mangea, je crois plus de 50 bêtes, grandes ou petites, ce fut un jour de gogaille, la cérémonie ne se fit que l'après midi, M. Issartel n'étant pas venu à cause du mauvais temps, M. Le curé fit la cérémonie d'après la permission du dit M. Issartel.
 Les deux frênes devant l'écurie de la cure ont été plantés en mars 1827.
Pierre Jolivet, dit Fatou, fut noyé à la Loire, entre Colandres et la Valette, il passait sur un petit bateau pour vaquer à la pêche, le 21 mai 1827, la Loire était forte à cause des pluies, il à été enterré à Solignac le mois de juin 1827.
Les habitants du bourg de Solignac ont fait réparer à neuf le four de la commune, ils y ont travaillé quasi tout le mois sans compter les corvées on y dépensa la somme de .............
 En mai de 1827, les sources dites Moutbertes de Chaudeyrac ont donné beaucoup d'eau, les anciens le regardèrent comme un présage de malheur.
Depuis la fin juin jusqu'au 12 août il a fait une grande chaleur avec forte sécheresse qui a séché la récolte en tout genre et la rendue fort médiocre.
Le neuf août, il fit un instant de forte pluie par orages, vers les deux heures de l'après midi et le tonnerre tua derrière un gerbier, le domestique de M. Mirmand, Besse de Mussic, il n'avait que 20 ans ; Cet André Bertrand, le rapport du chirurgien ne connut aucune contusion, ni blessure, son chapeau était à quelque distance de lui tout criblé.
Depuis la récolte de blé et tout le grain en général est devenu cher.
Le bled qui ne se vendait que 2 fr le petit carton se vend en Xbre 4 fr ; L’automne a été fort belle, il a fait de grosses pluies dans certains endroits de la France.
A Noël, le temps a été sans froid, ni neige, ni gelées presque.
 1828
Le temps est très beau, on ne voit ni neige, ni gelées, les ormeaux derrière la cure de l'église ont été plantés en janvier de cette année ; La boiserie du chœur de l'église a été continuée par Mirmand charpentier du lieu de Concis, cette année il a fait la place du célébrant.
 La mission commença le 20 janvier, un jour de dimanche, c'est M. Mercier, M. Fabre et M. Benoit missionnaires du diocèse, elle a parfaitement réussi, tout le monde presque approcha des sacrements, la communion générale des femmes eut lieu le mercredi Gras et celle des hommes le samedi Gras, elles étaient très nombreuses.
La plantation de la Croix se fit le lundi Gras au matin, le temps était mauvais ce matin, il faisait de la neige, néanmoins, la paroisse de Cussac et de Saint Christophe vinrent en procession, la clôture se fit le mardi Gras au matin 19 février, le Christ de la Croix coûta 160 fr, l'arbre fut donné par lou Besoi du Chier, on le planta au taurus, vis à vis la porte du cimetière, les pierres pour la bâtisse ont été prise chez M. Nogier dans son château d'après l'agrément de Madame.
La pierre qui fait autel en pierre de Blavozy a été donnée par Beauzac d'Agizoux, elle lui coûta 36 fr, tout le temps de la mission la paroisse fut très belle, les gens étaient très assidus.
 Le mois de mai, M. Bonneton, curé à fait faire les marches de la croix de la mission ; Fit réparer l'entrée du cimetière, fit faire et placer ces deux pierres blanches à la porte du portail du cimetière et le vieux bassin de la fontaine de la place, détruite depuis 200 ou 300 ans. Il fit aussi construire la volière du pigeonnier de la cure, Laurent Souveton dit Carpet de Colandre était le maître ouvrier.
 Dans le courant de 1828 le grain a été cher, le bled fut vendu aux approches de la moisson prés de 5 à 6 fr, le bétail avait également beaucoup de prix, et les terres se vendaient bien chers, des champs aux curés de Solignac ont été vendus cette année 200 fr la cartonnée ; L’été a été bien tempéré et aussi humide, la récolte a été assez bonne surtout en seigle et abondante en pommes de terre, on les vend jusqu'à 10 sols le carton ; L'automne a été bien belle, jusqu'au premier janvier 1829 on n'a point vu de neige.
C'est en Xbre 1828 que M. Le comte de .................... est arrivé comme préfet au Puy, les arbres qui longent le chemin du Cimetière ont été plantés en Xbre 1828.
 1829
D’après une note de la gazette, "feuille des campagnes ", la révolution française depuis 1787 jusqu'à 1815 inclusivement a coûté à la France 8.651.983 hommes ; En argent elle a coûté 16.390.998.729 fr et a donné 22.737 lois.
 En 1829, la population de la France est de 31.851.543 individus ; Toutes les années 260 mille hommes atteignent 21 ans pour le recrutement, les naissances des garçons l'emportent annuellement d'une quinzaine sur les filles.
 Du 1er janvier 1829 jusqu'à la fin de février le temps fut très froid, et donna beaucoup de neige, le printemps fut assez bon, juillet fut très sec et chaud, les pluies et le froid commencèrent en août, on eut beaucoup de la peine à finir de récolter et encore plus à ensemencer, toutes les terres étaient mouillées, les seigles sont bien chétifs, à peine on les voit.
En Xbre la récolte a été passable en foin, et seigle, beaucoup de paille et fort longue, médiocre en orge et avoine, nulle en pois blancs, en raves et regain et très médiocre en pommes de terre, elles se vendirent au Puy, 18 sols ; Le froment 6 fr, le seigle 2 fr, l'orge 3 fr.
 En juin 1829, la croix du Marchedial fut réparée et plantée, on y porta la procession du Très Saint Sacrement, la Fête du Saint Sacrement en passant par Rome au lieu de passer par Masclio. Le Pape Pie VIII ayant accordé un jubilé de 15 jours le fit à Solignac et dans tout le diocèse ; Le mois de Xbre on porta la procession à cette croix, cette croix a coûté sans compter la nourriture fournie par le bourg, près de 100 fr, les ormeaux autour de la croix de la mission ont été plantés en mars 1829, par les enfants de la communion.
 Le jubilé commença à Solignac et dans tout le diocèse le 13 Xbre 1829 et fini le dernier dimanche de décembre de la même année, tout le monde se fit un plaisir de suivre les exercices et d'approcher des sacrements, le temps était passable durant tout le jubilé ; Mais, à Noël, la saison devint si froide que le gel pénétra dans presque toutes les maisons ; De vie d'homme on avait vu un tel froid, à l'église tout était gelé, à la cure il gela jusqu'à la cave, on passait la Loire à pont de glace, encore au 20 février 1830, il gelait encore depuis sans avoir discontinué depuis le 13 Xbre 1829 un seul jour, les loups roulaient souvent autour de Solignac et menaçait même les hommes, les chemins sont encombrés de neige et presque impraticables depuis quasi deux mois. Le 21 février, le temps s'est radouci sans être bien chaud.
1830
Le mois de mars, avril et les premiers jours de mai sont très beaux, point de gel, bien de chaleur, mais une grande sécheresse.
Les semailles de mars ont été très belles, mais l'hivernal est bien chétif, toutes les années ont été sèches, ces étés les vivres ont été assez chers.
 1834
Le plancher de la sacristie a été fait neuf et les boiseries d'icelle en avril 1834, le clocher a été refait en pierre de Denise, le devis se montait à 4.410 fr.

  • Continuation des notes sur la paroisse de Solignac
  • 1830
    Le mois de mai et de juin on répara le dessous de la chapelle de Ste Catherine où persistent des peintures aujourd'hui, ce dessous était appelé charnier, rempli d'os des morts, on en tira vingt-deux tombereaux pleins qu'on enterra dans le cimetière, on trouva dans tous ces ossements un sarcophage renfermant les os de deux corps et couvert d'une longue et large pierre de Blavozy, l'intérieur et long de plus de 5 pieds, le dehors est sculpté de figures d'un chien de chasse, d'un arc .............. de 2 génies, on en fit un don au musée du Puy et le département promit de faire passer au conseil général quelques fonds pour les réparations de l'église, on fit communiquer ce dessous à l'église et sert de sacristie pour les pénitents et de remise pour des effets de l'église ; Les pénitents se firent les frais qui se montèrent à près de 500 fr et construisent ce double degré en pierre pour monter à la chapelle.
     Cette année, le mois de juillet, il se fit une grande révolution à Paris, les rues étaient barricadées avec des pavés qu'on avait enlevés. Charles X avec sa famille furent exilés en Angleterre, et son cousin le Duc d'Orléans Philippe fut reconnu par le peuple pour roi des Français ; Tous les départements suivirent Paris ; Il y eut des troubles partiels, les mauvais sujets levaient la voix et passaient au pillage, mais tout doucement les esprits se calmèrent et tout se pacifia.
     En 1833, la fabrique de Solignac dressa une pétition qu'elle envoya au ministre des cultes pour demander des fonds pour réparer le clocher et le pavé de l'église.
    Le gouvernement exigea un plan et devis estimatif pour constater le besoin de ces réparations et l'insuffisance des revenus de la fabrique et de la commune, et d'après le patronage de M. Bertrand Farge, député de la chambre, le plan et devis furent approuvés et accorda 2000 fr en deux annuités pour faire ces réparations, la somme à dépenser se montait à la somme de 1000 fr et plus, la paroisse promettait 800 fr de prestations en nature.
    M. Beauzac d'Agizoux étant mort maire de la commune après avoir été destitué par le nouveau gouvernement et remplacé par M. Hilaire de la Tourette tenancier de la maison Gagne à Solignac, et M. Jarousse d'Agizoux fut adjoint et mit beaucoup d'activités pour ces réparations.
     En mai 1834 la réparation du clocher, le plancher de la sacristie, le pavé de l'église et la construction de l'escalier du clocher furent données en adjudication à la préfecture à Antoine Marie au Puy, entrepreneur, à 15 fr 100 de rabais et on commença à transporter des pierres de Denise, près du Collet, paroisse de Polignac pour les tailler ici, toute la paroisse fit plus de 200 voyages, on porta la chaux du Puy, du sable de la Loire et de la pouzzolane de Bizac, de Chassilhac et de Solignac pour cette bâtisse qui commence par les quatre ogives anciennes bâties en pierre de tuf.
    Les transports furent évalues à 1450 fr et le reste fut payé par le gouvernement 2000 fr et le surplus par le département un peu chaque année.
     En 1836, on reprit tout le clocher et on changea la sonnerie du coucher au levant.
    M. Jarousse d'Agizoux était maire de la commune et Reynard de Chassihac adjoint, M. Souchon de Solignac avait resté vicaire à Solignac près de 14 ans et fut remplacé par un M. Monnier de Beaux en mars 1838.
     En 1836, les sœurs du couvent de Saint Joseph, près le Monteil, voulaient s'emparer de la maison d'assemblée du bourg de Solignac, d'après le conseil de l'évêque Monseigneur de Bonald et ses grands vicaires, elles le firent colporter dans la paroisse par M. Nogier ; La paroisse fut divisée en deux parties, le maire Jarousse et le curé Bonneton avec tous les principaux de la paroisse furent pour le maintien des deux écoles, l'assemblée et le couvent.
    Les sœurs avec les petites gens du bourg, M. Le juge de paix Bernard, Taurin pour greffier et le notaire Chacornac voulaient le couvent seul et point de filles de l'instruction à l'assemblée qu'on voulait faire passer entre les mains de la commune, mais les demoiselles de l'instruction du Puy produisirent un vieux titre qui est l'expédition du testament de feu M. Margerit, curé de Solignac, par laquelle il donne la maison de l'assemblée avec les deux jardins, celui qui tient à la maison et le petit situé sur la place, aux demoiselles Chabertes et Portal supérieur le l'instruction et là dessus les partis s'échauffèrent, celui du couvent fit plusieurs émeutes, menaces et insultes.
    M. Pouchon vicaire semblait favoriser ce parti on allait trouver l'évêque par trentaine mais toutes ces voix de fait ne purent rien devant un titre reconnu authentique. L'assemblée reste dans son coin et reçoit les enfants internes et externes qui veulent y aller.
     En 1836 et 37, tout cela causa beaucoup de trouble et de division parmi les habitants du bourg, M. Pouchon vicaire ayant été remplacé au 1er mars 1838 par M. Monier qui afferma le petit jardin de l'assemblée situé sur la place, dès lors tout resta tranquille.
     Le 1er 7bre 1838, on commença à travailler au pavé de la nef de l'église, on fut rechercher des pierres à la carrière de Taulhac près le Puy où elles étaient transportées par Marie entrepreneur de la carrière de Lardeyrole et Exbrayat dit Chalou de Coubon les extrayait et vint les tailler et poser à Solignac et posa la dernière pierre.
     Le 22 Xbre 1838, M. Le curé Bonneton fournit en paiement 1070 fr, savoir : 920 fr pour Exbrayat, et 150 fr pour Marie qui avaient transporté les pierres de Lardeyrol à la carrière. La nef de l'église à 40 toises de surface, Exbrayat, fourniture et pose des pierres, était payé à raison de 23 fr la toise, les habitants ne fournirent pas un sol. M. Le curé fit cette dépense, ils firent rechercher les pierres brutes à la carrière de Taulhac, on fit 148 voyages.
    La commune de Solignac fut cadastrée en 1836 et 37 et en 1838 on paya les tailles sur le nouveau cadastre.
     Le 10 juin 1839, Jacques Miciolo plâtrier envoya deux ouvriers pour crépir l'église entière et finirent le 7 août ; On employa 111 journées à 3 fr et nourris par M. Le curé ; 200 cartons de chaux, 40 cartons de plâtre le tout transporté du Puy par les paroissiens. 40 journées de manœuvre, 24 chars de sable de la Loire et 68 charges portées par les habitants.
    On vernit toutes les boiseries de l'église, ainsi que les deux confessionnaux fait en mars et février de 1839 par Antoine Souveton, façon et fournitures M. Le curé paya 200 fr, la sacristie fut aussi crépie à neuf et les bois vernissés, la dépense totale du crépissage et vernissage de l'église, tout compté, coûta 500 fr.
     En avril 1840, Monseigneur l'évêque de Bonald a dissout la communauté de St Joseph de Solignac à cause de leurs mauvaises affaires ou dettes, et leur défend de porter l'habit et le voile à dater du 3 du mois de mai, et dans le courant de cette année, tous les membres de la communauté se dispersèrent en diverses maisons de Saint Joseph.
    La même année M. Montpeyroux, curé de Cussac est décédé en mars, et laissa le curé de Solignac exécuteur testamentaire de son mobilier qui fut distribué aux pauvres de la paroisse de Cussac.
     La vigne en treille devant le milieu de la cure a été plantée par M. Bonneton, curé en 1835 et les deux autres petites en 1837. L'abricotier a été planté en 1836.
    On bitume le chœur du bitume de Féragnes près le Puy ainsi que quelques parties du clocher en 1839 et coûta 22fr la toise.
    1841
    Les couvents et les biens ont été vendus par l'autorité de justice en août 1841, et le notaire Chacornac l'acheta 11.050 fr et les charges. Grand nombre de créancier ont perdu leurs créances, l'Abrial du Chier qui en était supérieur déclara plus de 22.000 fr et toutes les sœurs perdirent leur dot qui était de près de 3.000 fr chaque ; On a de la peine a comprendre comment il s'est dépensé tant d'argent dans cette maison l'espace de 15 ou 18 ans, il n'y avait pas d'ordre et on empruntait à intérêt.
    La salle de l'assemblée a été crépie et blanchie en août 1841, outre la nourriture fournie par M. Le curé, la dépense fut de 12 écus ou 36 fr ; A la même époque le salon de la cure a été recrépi et réparé à neuf ainsi que les rampes des degrés de la cure et cela a coûte 150 fr. En juillet 1841, l'escalier du clocher a été changé et bâti à neuf, coût 106 fr.
     En 7bre 1841, la tribune ou chapelle des pénitents a été refaite entièrement à neuf, et exhaussée de un mètre au-dessus de la grande porte de l'église, et a coûté en 1841, pour le plancher et le balustre, les degrés et tout le bois nécessaire pour achever les places et les dossiers qui restent à faire encore la somme dépensée payée ou non est de 390 fr20 ; Dans le courant de l'été le grand salon de la cure a été réparé, blanchi vernissé et peint à la fresque par Miciolo, M. Le curé a nourri le plâtrier et a payé pour cette dépense 80 fr, dans ce même temps les deux petits autels ont été répares et vernissés par le même, cela a coûté 50 fr.
     La salle de l'assemblée a été recrépie par la même, M. Le curé a payé pour cela 48 fr, il a fait réparer le toit de la dite assemblée et payé 8 fr et 2 fr de fournitures par acte devant M. Richon notaire au Puy, et Jarousse maire a vendu à la commune ou paroisse la maison dite Latour et toutes les dépendances, le torus et les arbres pour la somme de 2100 fr qui a été donnée en partie par le gouvernement.
    Cette automne a été bien pluvieuse il y a eu de grandes inondations dans toute la France et même des tremblements de terre ; Le temps n'a pas été froid jusqu'à la fin de décembre 1841.
    1842
    Le mois de janvier commença par la neige, le froid et beaucoup de cibère, tous les chemins furent comblés par la neige et ce temps n'a pas discontinué jusque au commencement de mars.
    De ces deux mois on ne vit point le dégel. Le mois de mars a été passable. La semaine Sainte fut encore froide, la procession du jeudi Saint ne se fit que dans l'église, les premiers jours d'avril sont encore froids, le 10 et le 11 il a gelé comme au cœur de l'hiver, et le 12 la neige a couvert la terre de près de 17 centimètres.
     Cette année a eu lieu le jubilé de Notre Dame du Puy, il dura 12 jours, du jeudi Saint au lundi de Quasimodo, on fit quelques instructions en Carême, la semaine de la passion on en fit une chaque jour à cinq heures et demie du matin à la messe ; La paroisse montra beaucoup de bonne volonté presque tout le monde fit son devoir, M. Le curé avec M. Le vicaire furent en procession à la cathédrale du Puy le mardi de Pâques après midi avec près de 300 personnes, on partit de Solignac à midi, on fit la station à la cathédrale à 4 heures du soir et tout le monde revint en procession avec Messieurs les prêtres, et on arriva à Solignac, et dans chaque village à l'Angélus. Ce jubilé donna beaucoup de mouvement dans l'intérieur des âmes.
     La tribune des pénitents se continue à réparer, on travaille à faire le plâtre depuis le commencement de février jusqu'à la mi-mars ; Le tout a coûté 600 fr environ, ce travail a été fait à la grande journée, les économies du trésorier avec les petits dons qui ont été faits ont fourni cette dépense.
     Le mardi 21 juin, Monseigneur Darcinoles, évêque du Puy a donné la confirmation à 347 personnes dans l'église de Solignac, tout le canton y vint, on commença à 8 heures et on eut fini à midi, l'église était pleine de monde et tout s'y passa avec édification, il y avait 6 ans que Monseigneur de BONALD, aujourd'hui archevêque Cardinal de Lyon l'avait donnée.
     Le 23 avril 1842, d'après la permission de M. Jarousse, maire, le chemin du taurus a été ouvert et même tracé, la procession de Saint Marc y passa pour la première fois et depuis ce jour tout le monde y passe avec les processions suivantes.
     L'année 1842 a été fort pluvieuse on a eu bien de la peine à récolter toute espèce de fruits, la récolte a été médiocre, mais les pommes de terre ont été très abondantes et fort grosses.
     Cette année il y a eu encore un jubilé que le Pape Grégoire XVI avait accordé à tout l'univers Chrétien pour demander la pacification de l'église du Puy, il a eu lieu à Solignac, du 11 au 25 décembre et concourut avec une mission donnée par un nommé Antoine Gras, dit Pierre Naus de Solignac. 90 célibataires, 2 pères Jésuites de Vals : le père Cotin et le père Pract, vinrent prêcher et confesser durant les 15 jours ; La mission avec le jubilé finit le 25 par la communion générale des hommes à minuit qui fut "de 3 à 60 ? " Et la clôture se fit le lundi matin presque tout le monde fit son devoir.
    Il n'y eut pas de plantation de croix, ce fut comme une retraite pour la paroisse, il y eut peu d'étrangers, les exercices avaient lieu de bon matin et à nuit tombante, le temps fut très favorable.
    1843
    Vers la fin du mois de mai 1843, M. Le curé après l'avoir communiqué à M. Le Maire a ouvert le chemin du Torus entre la tour et Chantemesse pour aller à l'église, cinq journées d'ouvriers auxquels M. Le curé, et M. Monnier vicaire aidèrent, firent ce travail, la tour et tout le Torus appartenaient à l'épouse de M. Jarousse, maire, qui s'appelle Victoire Gagne, la paroisse avait acheté cela depuis quatre à cinq ans, de la tour on en fait une maison d'école normale pour les garçons, tout le terrain du torus et les arbres sont de la paroisse ; L'année dernière on avait commencé d'ouvrir ce chemin, et cette même année il a été ouvert de manière à y passer avec des voitures, le passage derrière la cure subsiste encore mais on a le projet de le fermer pour donner à la cure une basse cour.
     Le 16 avril, dimanche de Pâques, la congrégation des garçons fit sa première Consécration à la première messe au nombre de douze, à la Sainte Vierge.
     Dans le mois de mars, on a commencé à bâtir une maison d'assemblée au village de la Beaume et en mai on a commencé à bâtir le pont de la Beaume sur l'Orzic.
    Le 1er juillet deux hommes ont été employés pour aplanir le chemin du torus et on a mis toutes les pierres du mur du fort pour le derrière près du chemin qui passe derrière la cure pour servir dans le besoin, elles sont à la paroisse.
    1844
    Les temps des foins furent très pluvieux, on eut bien de la peine à les récolter ; Le temps des moissons fut très beau, mais l'automne fut très pluvieuse, les regains et les pommes de terre furent récoltes avec beaucoup de peine, la récolte a été passable et il y a eu peu de maladies et de morts ; On n’a rien fait à l'église seulement des réparations à la maison d'assemblée de Solignac, les habitants nourrissaient les ouvriers, et je les payais des petites casuelles ou dons faits à l'assemblée.
    1845
    L'été a été pluvieux, le mois de mai très froid, la récolte néanmoins promettait beaucoup, le foin a été abondant et bien préparé, un vent du midi souffla fortement durant huit jours et brûla la récolte en seigle au point que les gerbes ne rendirent pas même la semence ; L'orge a été passable et les pommes de terre qui paraissaient très belles éprouvèrent une maladie dans le mois de 7bre qui les diminua de presque la moitié.
    Le mal commença par la plante et passa à la pomme de terre que le mal suivait comme un chancre et les a gâtées jusque dans les caves.
    Les vivres sont bien chers ; Le bled se vend 4/30 c., l'orge 3/20 les pommes de terre de 60 à 80 c. le double décalitre.
    L'automne a été bien belle le 8 Xbre on a pas encore ou presque de neige ou de gel. Le village de Solignac depuis janvier dernier a éprouvé une perte de bêtes à corne, le mal était aux poumons, on n'a pu trouver aucun remède à ce mal, et on en ignore la cause.
    Cette maladie a fait périr plus de 30 bêtes durant l'année, il n'y a pas eu de maladie pour les personnes.
     La maison d'assemblée du village de la Beaume a été achevée vers le mois de juin, elle a coûté 638 fr50, le maçon y mit près de 252 journées, les habitants l'ont nourri et ont fourni tous les arbres, ont porté tous les matériaux et ont fait manœuvre au maçon Reynaud des Salles Montgieux qui a été payé pour le prix fort de construction 192 fr, Augustin Bertrand en mourant avait donné 100 fr pour cette construction, son fils Florentin a payé 80 fr dus par son père Augustin pour quelques communaux qu'il avait achetés depuis bien longtemps, M. Jarousse d'Agizoux a donné 30 fr pour cela, et les habitants de la Beaume ont donné plus ou moins chacun pour quelques empiétements faits par les communes du village. Madame la Deveze a donné 25 fr et M. Le curé Bonnet a fourni plus de 250 fr que le village doit lui rembourser, mais on ne sait quand cela se fera. Dans le mois de novembre, M. Le curé a placé sur l'autel les deux adorateurs dorés à l'huile, il les a fait venir de Lyon, et ils lui coûtent 120 fr d'achat et 10 fr de faux-frais. Il peut les reprendre car la paroisse ne lui a rien donné sur ces 130 fr.
     Le 12 mars la fabrique a acheté à M. Bonnet une chape de drap d'or et galons, montant 385 fr, elle a payé 100 fr, et le montant le payera un peu chaque année. A mesure qu'elle aura des fonds et des revenus.
     Dans le courant de l'été M. Le curé a fait réparer la chambre et le cabinet du coté du Chier, ainsi que la chambre et le cabinet et le pigeonnier attenant à la sacristie et a payé pour cela plus de 300 fr. La commune ni la fabrique ne lui ont rien donné pour cela, il a placé au jardin de la cure pour 18 fr d'arbres pommiers nains.
    1846
    L'année a été pluvieuse et chaude, la récolte s'annonçait très bien, mais elle a été bien médiocre, excepté le foin qui a été bien abondant, les pommes de terre ont pris la maladie de l'année dernière et même plus fort, car les pluies empêchent de les ramasser, dans le mois d'octobre le 17, il a fait des pluies si fortes que tout a été inondé, le ruisseau du Besson a entraîné le pont de Louis, du Rinardou et celui de Jarousse sur la rivière de la Beaume, et fait des dégâts infinis, la Gagne aussi s'est débordée fortement a changé son lit en plusieurs endroits et a entraînée le pont de Veneyres sur la route du Puy à Solignac, le tonnerre avait brûlé un gerbier du fermier de M. La Tourette, au champ Pradevieille.
     Au commencement d'octobre les demoiselles de l'instruction du Puy sont venues habiter la maison d'assemblée de Solignac donnée aux dites demoiselles par feu M. Margerit, curé de Solignac il y a près de 100 ans, des béates l'occupaient auparavant.
    1847
    Le grain fut très cher, le seigle fut vendu jusqu'à 7 fr la mesure ; On fit venir du grain de l'étranger ; On commença la route de Solignac au Puy par la cote de Veneyres, on fit le tracé de la route malgré quelques oppositions.
    1848
    Tout était assez tranquille ; Le commerce allait fort bien, l'argent abondait partout, mais le 28 ......... une révolte se fit à Paris, le roi Philippe avec toute sa famille prit la fuite, et s'en fut en Angleterre, un gouvernement provisoire s'empara des affaires, toute confiance dans les affaires se perdit, la pénurie d'argent se fit sentir partout, des barricades se firent à Paris, puis des émeutes il y périt beaucoup de monde, on établit le vote universel on nomma une chambre constituante qui proclama une constitution et les troubles se calmèrent un peu, mais les affaires n'allaient pas mieux.
     Solignac fit construire le pont de la Gagne et traça en entier le chemin qui passe pour aller au Puy ; Le Pape Pie IX s'évada de Rome et se réfugia à ................ le royaume de Naples.
    1849
    Le gouvernement avait pour président Louis Napoléon avec une chambre législative de 700 et tant d'hommes, on parla des rouges et des blancs, tout le pays se trouva composé de rouges et de blancs ; Parmi les rouges, le grand nombre composé de vauriens, hommes tarés ruinés ou mauvais vivants, le département de la Haute Loire nomma pour députés tous les rouges, le canton de Solignac eu la majorité pour les blancs, ce qui fâcha beaucoup les rouges. Un journal intitulé "l’ami du peuple " imprimé au Puy, au nom des rouges se répandit dans tout le département, pour prôner les rouges et flétrir les blancs, ce journal se recevait dans le bourg et formait une espèce de club où se combinait tous les projets de troubles.
    Dans la paroisse on imagina de faire monter des gens à la tribune des pénitents malgré le curé, le recteur et la majeure partie des pénitents, on força le portier, 2 ou 3 Dimanches, on s'insurgea contre Jarousse recteur des pénitents, un dimanche du mois de 7bre après vêpres, et quasi tout le bourg s'était levé contre lui, on faillit à le battre et lui dit beaucoup d'injures.
    M. Badiou, alors maire de la commune prit son écharpe et se plaça près du portier à la grand-messe, un nommé Augustin Sigaud, dit "carlo", monta à la chapelle des pénitents malgré la défense de M. Le maire qui lui enjoignait, au nom de la Loi de descendre de la tribune, il ne fut pas possible de le faire descendre ; M. Le maire dressa procès verbal contre lui, le fit attacher par les gendarmes de Costaros qui se trouvaient alors à Solignac et après vêpres on l'achemina vers Costaros, mais à peine sorti du bourg, un grand nombre de personnes se levèrent, femmes et enfants assaillirent les gendarmes à coup de pierres et les forcèrent à libérer le dit Sigaud.
    Les gendarmes dressèrent procès verbal et quelques jours après de 20 à 30 gendarmes arrivèrent à la pointe du jour avec mandat d'arrêter quelques individus ; Mais ils ne purent que saisir une femme, tous les autres avaient pris la fuite, et pendant plus de quinze jours, presque la moitié du bourg ne couchait pas à son lit.
    Ceux contre lesquels les mandats d'arrêt avaient été lancés se constituèrent prisonniers au Puy, et y restèrent presque un mois avant d'être jugés, les uns furent condamnés à 15 jours, d'autres à un mois, et d'autres à deux mois de prison et aux dépends ; On leur mit dans la tête ainsi qu'a bien des personnes de la paroisse que c'était M. Le curé qui les avait fait arrêter, qu'il était la cause de tout et de là de murmurer des propos injurieux.
    On fit des pétitions à Paris pour demander le changement de curé, mais la grosse masse de la paroisse ne prit point part à toutes ces intrigues, resta calme et attaché à son devoir ; On fit la remarque que toute cette intrigue était menée par des rouges considérés comme des gens tarés qui ne désiraient que le pillage, les mensonges étaient des vérités pour eux et ils en faisaient bon marché.
     Ensuite de cela, le Sieur Chacornac, notaire et Augustin Rome se mirent dans l'idée que Jarousse recteur des pénitents, n'était pas légalement nommé parce que ce n'était que M. Le curé qui l'avait nommé comme tout le temps cela se faisait et demandèrent à M. Le curé de faire faire une élection de recteur et des autres employés de la tribune, que la voix d'élection et cela de suite, c'était le mois de janvier.
    M. Le curé leur répondit qu'en venant à cette paroisse il avait trouvé l'usage établi que c'était M. Le curé qui faisait cette nomination, que les pénitents l'avaient toujours engagé à le faire et qu'en conséquence il ne changera pas cet usage, mais que si Monseigneur l'Evêque jugeait à propos de le faire par voie des pénitents, il ferait comme Monseigneur l'Evêque le jugerait à propos. Alors ils demandèrent permission d'aller le communiquer à sa Grandeur, ce que M. Le curé leur permit volontier.
    Alors ils brochèrent une pétition qu'ils présentèrent à l'Evêque, Monseigneur répondit à Chacornac notaire que puisque l'usage était que le curé nommait le recteur et les autres employés de la confrérie, il ne voyait pas que la nomination du recteur actuel fut illégale, qu'il fallait la laisser telle qu'elle était mais qu'à la trinité prochaine, 1850 on pourrait procéder par la voie de suffrage, et recommander expressément de se conformer bien exactement dans tous les autres points de leurs statuts comme ils désiraient le faire dans celui là.
    Voilà que le nommé Augustin Rome se permit, sans prévenir M. Le curé de donner connaissance à tous les pénitents assemblés à la tribune à la fin de la grand-messe, le chapelet étant dejas commencé et ajoutait d'autres choses qui n'étaient pas dans cette lettre, M. Le curé qui était à sa place au chœur entendant ces choses se lève de sa place et levant la table de communion donne lecture du double de la lettre que Monseigneur avait envoyé aux deux pétitionnaires et dit que personne n'ayant le droit de porter la parole dans l'église aux fidèles réunis, que lui curé, il protestait et dénonçait ce fait à l'autorité locale et protestait contre tout ce qu'on pourrait dire ou faire, que dans l'église il avait ce droit d'empêcher qui que ce fut de porter la parole aux fidèles réunis à l'église.
    M. Le juge de Paix en ayant connaissance écrivit au procureur de la République qui lance un mandat d'arrêt contre le dit Rome, et un bon matin, dans la semaine, les gendarmes vinrent le prendre, le conduisirent par Bizac au Puy, en prison où il resta 15 jours.
    Les informations prises, il fut jugé en police correctionnelle condamné à 16 fr d'amende et aux frais. Tout cet hiver n'a été occupé que de tout ce bruit en disant que M. Le curé était la cause de tout, mais toutes les personnes qui savent raisonner et qui ont le bon sens se moquaient de pareilles balivernes et se riaient de ces menteurs hypocrites.
     Le reste de l'année se passa à peu près tranquille. L'élection du recteur se fit par les pénitents, le dimanche de la Trinité, après vêpres.
    M. Le curé y procéda, les intriguants avaient distribué des billets en grand nombre dans la paroisse, M. Le curé les laissa parfaitement libres, et procéda au dépouillement du scrutin, M. Pierre Bernard, de Chassilhac fut élu recteur, Pierre Laurent de Mussic, vice recteur, Jean Baptiste Perre du Chambon, fut élu trésorier, et ainsi des autres employés.
    La confrérie n'a pas été plus édifiante, ni plus régulière ; On a laissé monter à la tribune les mauvaises têtes qui avaient refusé de payer par le passé leur confrérie, on a permis à un certain nombre d'individus de monter aussi pour passer pénitents ; On ne fit presque jamais d'offices, et les affaires en sont là au commencement de 1851.
     L'année a été passable en récolte, les pluies nuisirent aux seigles et aux regains au moment de la récolte, les vivres sont à très bon marché, le seigle de 1fr 30 le carton, l'orge de même, le froment de 2 fr 50 à 3 fr, les pois 2 fr, l'avoine 1 f 25, le bétail à bien bas prix, les cochons gras de 25 à 30 fr le quintal et tout le reste des denrées de même.
    Les terres ne trouvaient pas a être vendues, les cultivateurs sont bien embarrassés de payer ce qu'ils doivent, l'argent est très rare parmi eux, les dentelles faisaient gagner les petites gens l'hiver et le printemps et même l'été, surtout celles faites en laine, mais à la fin de l'année, elles sont à bas prix.
     Monseigneur l'Evêque vint donner la confirmation après Pâques
     1831
    Le jubilé de 1830 a été publié en France et accordé par Pie IX. L'Evêque du Puy, Monseigneur de Morlon le publia par un mandement le mois de Xbre et durant l'année entière chaque curé pouvait le publier et l'ouvrir dans sa paroisse quand il le voulait, à Solignac il fut ouvert par M. Le curé le 2ème dimanche de janvier, 12 du mois et fut clos le dimanche 2ème jour de février, il devait durer 30 jours.
    M. Monnier, vicaire de Solignac et M. Cornillon vicaire de Cussac vinrent prêcher la retraite de 8 jours et presque tout le monde s'approcha des sacrements, tout a paru calmé réconcilié ! depuis ce temps là.
    Le carnaval, tout a été fort tranquille.
     L'hiver qui avait été très bon en Xbre et janvier est devenu bien rigoureux, tout le mois de février la neige a constamment restée sur la terre et à la fin de ce mois rien n'a germé, pas même les groseilliers. Le mois de mai a été bien froid, l'année assez variée de froid et de pluie, cependant la récolte a été assez passable en tout.
    Les vivres sont à très bas prix. Le numéraire est bien rare et tout est dans la gêne.
     Le 8 Xbre, le portail de l'église a été reconstruit à neuf, en pierres de Denise selon le plan dressé par M. Félix Pradier, du Puy, architecte, et à la Saint Michel 29 du courant il a été terminé, la porte n'est pas encore placée à la Toussaint.
    Cette année Monseigneur de Morlon, Evêque du Puy a exigé dans les conférences que chaque curé lui mit par écrit l'histoire de sa paroisse, son origine, sa population, ses usages, ses mœurs.
    Je la lui ai fait passer en extrayant les articles renfermés dans le présent cahier que j'avais eu soin de conserver depuis mon arrivée à la paroisse et que je continue toujours chaque année.
    1852
    Cette année a été bien pluvieuse et peu chaude, on a eu beaucoup de la peine à lever la récolte qui a été assez abondante en tout, excepté de foin, les pommes de terre ont été presque toutes gâtées, on n'a pas eu la semence, les raisins aussi ont été bien de la maladie, presque partout les vins sont devenus rares et chers.
     L’empire a été proclamé cette année à la presque unanimité de toute la France et les affaires ont pris un meilleur avenir, sans quoi tout était aux abois.
    On place ici copie du recensement de la paroisse.
    Il a fait en même temps, le dénombrement des habitants de la paroisse, a fait l'inventaire des bons livres de la paroisse et a fait disparaître les mauvais, mais il n'en a point trouvé. Cette quête a produit 80 fr, outre une souscription qu'il avait ouverte en 1850.
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